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Fille de Choix #15

Souria cheurfi: des mots et des actes

Souria est rédactrice en chef chez VICE Belgium et créatrice de la plateforme Psst Mlle, qui organise des workshops et des événements pour promouvoir et accompagner les artistes se définissant comme féminines. Elle se bat aussi pour une meilleure représentation (représentation tout court?) des personnes racisées dans le monde de la musique. Le travail de Souria est tellement important et inspirant que je n’ai pas envie de prendre trop de place avec mes mots, je préfère vous conseiller de lire les siens en écoutant son excellente sélection.

La playlist de Souria
Son texte:

Psst Mlle est un projet qui réunit quelques-uns de mes plus grands amours : la fête, les rencontres et échanges, le féminisme et la musique. Je parle d’amour, mais je pense que comme beaucoup de femmes, si je me suis tournée vers le féminisme, c’était par nécessité et non par intérêt ou curiosité. Parce que j’avais besoin de comprendre les inégalités, injustices et violences dont j’ai été témoin ou « victime » – je hais ce mot, mais soit.


Le patriarcat contamine absolument tous les aspects de nos vies et rares sont les journées qui s’écoulent sans qu’une parole, un geste ou une vision ne me le rappelle. L’industrie musicale est loin d’être une exception, bien au contraire. Je ne vais pas commencer à déballer des stat’ que vous ne retiendrez pas. Je préfère les mots aux chiffres. Donc je profite de cet espace pour m’adresser à toutes les personnes, et plus particulièrement aux hommes, qui composent cette industrie : vos lineups sont trop masculins, blancs et hétéros ; vos équipes sont trop masculines, blanches et hétéros ; idem pour vos espaces, votre public et vos mentalités. Si vous êtes conscients du problème mais ne faites rien pour le contrer de manière active, vous faites partie du problème.

Souria Cheurfi
ARTISTES dans la playlist

with Zoë McPherson, Afia, Laryssa Kim, FKA twigs, Tirzah, Dua Saleh, Ivy Sole, Sudan Archives, Snoh Aalegra, Yseult, Iliona, Bonnie Banane, REINEL BAKOLE, Greentea Peng, Ana Diaz, Martha Da’ro, Lala &ce, Beatrice Dillon, Aya Metwalli, Meryem Aboulouafa, Fatima Al Qadiri, Deena Abdelwahed, Sara Dziri, Maoupa Mazzocchetti, MC Yallah, MONOMONO, Fleur, Naomie Klaus, Céline Gillain, Hanah, Azo

photo: iliass

Tous les mois, une nouvelle curatrice sélectionne une playlist où les artistes féminines sont majoritaires/dominent. Pour qu’elles existent, pour qu’on les découvre, pour se battre contre le sexisme et l’invisibilisation des femmes dans la musique.

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Fille de Choix #14

Gwen PItseys: goûteZ Ses disques !

Dix années de critique musicale et, pour reprendre les mots de Gwen, “environ 25 ans à rôder dans les salles bruxelloises et les festivals en Belgique et à l’étranger.” Une sélection qui vous bottera assurément le cul en ce début d’année laborieux et aussi un texte à lire absolument juste ici. Vive les enculé.e.s !

la playlist 100% féminine de Gwen
Le texte:

Cela m’a pris pas mal de temps avant de comprendre que quelque chose n’allait pas et que ma propre résignation ne risquait pas de faire évoluer les choses. 

À mes débuts, les initiales qui bouclaient mes textes occultaient mon genre et, dans une certaine mesure, faisaient office de protection. Il m’est donc déjà arrivé d’être traitée « d’enculé » sans qu’il ne soit venu à l’esprit de mon interlocuteur qu’il s’adressait en réalité à une « enculée ». 

Lorsque j’ai frappé à la porte de Goûte Mes Disques il y a une bonne dizaine d’années, je ne me suis même pas donné la peine de compter le nombre de collaboratrices dans l’équipe. Cela me paraissait normal que le terrain soit en grande majorité occupé par des hommes et j’acceptais cet état de fait, surtout s’agissant d’aborder des genres musicaux chargés en testostérone.

C’était d’ailleurs normal de compter sur ses dix doigts le nombre de filles présentes à un concert plus bruyant que la moyenne. C’était normal de se coller le long des murs dès que le mosh pit commençait à rouler des pectoraux. C’était normal d’opiner en silence pendant qu’un expert en carton se répandait sur l’œuvre d’un groupe déjà bien connu. Pourquoi l’interrompre alors que l’affaire n’avait jamais été envisagée comme un dialogue ? Et puis c’était normal de s’éloigner pour fuir la main anonyme qui venait d’agripper ton cul dans la foule, cette main sans remords qui t’a contrainte à abandonner la seule place où tu apercevais enfin un bout de scène.


On a tendance (et à raison) à d’abord rendre hommage aux premières de cordée, celles qui ont défriché le terrain à coups de machette en épongeant au mieux, les roulements d’yeux, au pire, les insultes. Aujourd’hui, j’ai envie de saluer toutes ces jeunes femmes que je croise de plus en plus souvent dans les salles. Elles ont dix, quinze, vingt ans de moins que moi et n’hésitent pas une seconde à jouer des coudes, au propre comme au figuré. Elles ne s’excusent de rien, s’infiltrent dans les brèches et m’obligent à les rejoindre au milieu de la fosse, quitte à considérer un remplacement de hanche. Je suis impatiente que les mêmes convertissent leur enthousiasme sur papier, qu’elles aient pleinement confiance en la justesse de leurs opinions et partagent sans filtre les pépites qui viendront enrichir nos playlists. Elles me donnent toutes les raisons d’être optimiste.

Luik Stories me fait l’honneur d’ouvrir cette année nouvelle (et d’enterrer la précédente) avec une quarantaine de titres qui tente tant bien que mal de réconcilier les vieilles marmites et la cueillette du jour, le punk à maman, le folk de feu de bois et la techno qui éprouve les cervicales. Je n’ai pas trop l’habitude faire le tri. Le seul point commun entre toutes ces artistes, c’est qu’elles m’accompagnent au quotidien, depuis des années ou depuis quelques heures. Et il en manque tellement…

(J’en profite aussi pour glisser un remerciement à tous les amis/membres du « Royal Penis Club » de Goûte Mes Disques qui ne se sont jamais dérobés à aucune discussion, aussi abrupte soit-elle. Et puis, bien sûr, à Camille N. qui nous a enfin permis d’écrire « rédactrices » au pluriel depuis moins d’un an.)

Gwenn Pitseys
ARTISTES

X Ray Spex / Plasmatics / Amyl and The Sniffers / Cocaine Piss おとぼけビ~バ~ - Otoboke Beaver / Whale / The Distillers / Le Butcherettes / The Mysterines / WITCH FEVER / Billy Nomates / Sloppy Jane / Sleater-Kinney / Sinead O Brien / Fiona Apple / The Beths / St. Vincent / Lido Pimienta / SEVDALIZA / illuminati hotties / Shannon Lay / Anna von Hausswolff Eartheater / Stella Donnelly / Brittany Howard / Pharmakon / LAFAWNDAH / Gazelle Twin / 070 Shake / Sylvie Kreusch / Okay Kaya / Noga Erez / CHAI / The Slits / Karen O/ Sneaks / Phenomenal Handclap Band / Róisín Murphy / Yelle / Charlotte Gainsbourg / Soulwax / The Black Madonna / EMMANUELLE / Sama’ Abdulhadi / Helena Hauff

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Fille de Choix #13

Yveline RUAUD: LABEL MANAGER de la 75e session

La 75, c’est un collectif artistique parisien puissant et volontairement très discret. Sur leur label, des noms comme Sheldon, Népal, Di-meh, Sopico, Georgio… la plupart de la nouvelle scène rap y est passée de près ou de loin. Yveline Ruaud dirige ce label et nous fait l’honneur d’être notre Fille de Choix du mois de décembre. Une playlist qui s’enchaîne parfaitement avec celle sélectionnée par Lola Levent le mois passé… et toujours la force et la puissance des femmes.

webdocu sur la 75 réalisés par Yveline pour radio nova
La playlist D’YVELINE ici, son texte ici

Les playlists, j’ai grandis avec. Adolescente, je passais des heures à copier des morceaux sur des cassettes que mes amies et moi faisions circuler jusqu’à ce que les titres écris au stylo bille en deviennent illisibles. J’adorais en faire, j’adorais en recevoir et, sans que cela soit un choix conscient, les femmes y ont toujours été très présentes. Avant même de pouvoir mettre des mots sur ce sentiment, leur présence était à la fois naturelle et essentielle. Leurs paroles me portaient et me confortaient à chaque instant de ma vie. Alors pour cette playlist, la plus grande difficulté a été de choisir parmi elles.
Des femmes dans la musique, il y en a depuis toujours. Elles sont de plus en plus présentes et de plus en plus visibles, mais font toujours face à des représentations sexistes qui veulent contraindre leur forme d’expression et leur liberté de création. Dans cette playlist j’ai donc naturellement choisis des formes très différentes qui portent chacune une vision, un propos, un cri.

Pour terminer, un petit pas de côté avec un poème de Chika, « Bloom » (https://soundcloud.com/chikaoranika/bloom).

Yveline Ruaud
ARTISTES

Lala &ce, Chynna, Princess Nokia, Zinée, Lava la Rue, Audrey, Portishead, Lex Amor., Liz Phair, Patti Smith, Les Filles de Illighadad, Oumou Sangare, Greentea Peng, Nneka, Simi, OSHUN, Rosalía, MIA, ABRA, Elyanna, 070 Shake, Garbage, Sali, Tinashe, Haviah Mighty, RIMON, PONGO, Lous and the yakuza, CHIKA, Poupie, Arlo Parks, Jenevieve, H.E.R, Aya Nakamura, Meryl, NAO, Mahalia Music, Santigold, Rosa Ree, Yasmine Hamdan, Ami Yerewolo, Nidia, Kelly Lee Owens, Oklou, Ann O’aro, Alice Coltrane Turiyasangitananda, IAMDDB, ANOHNI, Nina Simone

taken by Fiona Forte

Tous les mois, une nouvelle curatrice nous sélectionne une playlist où les artistes féminines sont majoritaires. Pour qu’elles existent, pour qu’on les découvre, pour se battre contre le sexisme.

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Fille de Choix #12

Lola Levent: d.i.v.a. et guERRIèRE

Pour ce mois de novembre, on vous propose du très lourd et un gros CV difficile à résumer en quelques lignes. Lola Levent est poétesse, écrivaine, manageuse… et derrière un incontournable et précieux compte instagram: d.i.v.a.infos. Diva est un réservoir de ressources et d’informations sur le sexisme dans le monde de la musique. Lola fait aussi partie de change de disque, qui lutte pour l’adoption de mesures législatives concrètes contre les discriminations et violences sexistes (on vous encourage à lire le manifeste). Aussi, son compte instagram beauxraps analyse les liens entre l’art contemporain et le rap et c’est incroyablement intéressant.

Le féminisme, cela s’écoute, cela se lit, cela s’apprend. Ce sont des chiffres, des études, des analyses, des personnes qui ont creusé le sujet et qui nous informent avec justesse. Merci Lola, on t’écoute.

la playlist de lola levent

J’ai imaginé une playlist pour faire découvrir les artistes francophones qui font la musique d’aujourd’hui : les femmes-pluie, les femmes-clowns, les femmes-soie, les femmes-machines, les femmes-piano, les femmes-avions, les femmes-slime… — sans elles le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Lola Levent
ARTISTES

Musique Chienne, Moyen-Âge, Regina Demina, OH MU, Mathilde Fernandez, Fishbach, Mansfield.TYA, Maud Geffray, Safia Clubmed-Schwartz, EYLIA, Mauvais Oeil, Camélia Jordana, Felixita, Jäde, Sabrina Bellaouel, DEVA muse, Angie, Zinée, TAUBA, Pearly, Sali, BabySolo33, Oklou, Prudence, JTM kevin, Chloé Mailly, Lafleyne, Joanna, Yseult

Piqûre de rappel sur le concept ‘Fille De Choix’:

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Fille De Choix #11

Elisabeth debourse: mordre dans le Sexisme

Prenez une plume infatiguable, une curiosité sans bornes, un travail acharné, vous obtiendrez l’un des esprits les plus vifs de notre petit pays. Journaliste musicale d’abord, Elisabeth Debourse est aujourd’hui devenue l’incontournable si l’on veut parler société, manger et aussi féminisme. Du podcast Salade Tout (saison #1 co-réalisée avec Axelle Minne) à sa newsletter hebdomadaire Mordant, il y a encore bien plus que ces deux excellentes raisons de suivre son travail.

Luik est très fier de vous transmettre sa playlist 100% féminine et le texte qui l’accompagne:

LA PLAYLIST ICI, Le texte lÀ ↓

Elles s’appellent Taiwo et Kehinde Lijadu, les Lijadu Sisters. Le duo funk opère entre les années 60 et 80 à l’avant de la scène nigériane, à quelques encablures génétiques et musicale de Fela Kuti, leur cousin éloigné. Elles sont un écho d’Idaban, la troisième plus grande ville du pays, leur timbre de jumelles se superposant à la perfection. En novembre dernier, Kehinde est décédée d’un cancer, rompant le lien de vie, mais aussi politique qui les unissait. « La musique nous a appris à tendre la main et à tenter de changer les choses, socialement, moralement, financièrement, spirituellement et politiquement. Nous chantions ces morceaux parce qu’ils [les politiques] n’écoutaient pas. Nous avions besoin d’écoles, nous avions besoin de routes, nous avions besoin d’eau potable », évoquaient-elles en 2014 à Harlem au micro de la journaliste et DJ Kate Hutchinson. Pour faire entendre leur voix et celles de leur pays, il leur a fallu prendre une place qu’on n’attendait pas d’elles, dans un milieu qui ne voulait pas d’elle. Malgré l’héritage et le cran que Taiwo et Kehinde Lijadu ont laissé dans les mémoires, le rappeur Nas n’a pas jugé utile de les créditer quand il a samplé « Life’s Gone Down Low » en 2006. 

Elles s’appellent Afshana Khan et Razia Sultan, et ce sont leur voix qui me prennent en otage chaque fois que j’écoute « Chala Vahi Des », le deuxième morceau de cette playlist — pas la guitare de Jonny Greenwood, tapie quelque part derrière les percussions et les vagues de l’harmonium. Il faut pourtant creuser la surface des crédits de l’album Junun pour trouver leur nom, quand celui du membre de Radiohead figure partout. Leur invisibilisation pourrait être rapidement balayée par des arguments de notoriété, d’investissement ou de paternité du projet, mais même avec ceux-ci, l’anecdote est un rappel crispant de la réalité musicale dans laquelle nous vivons : bien sûr que les femmes (f/x) sont là, bien sûr qu’elles chantent, qu’elles jouent. Mais pour faire la lumière sur elles et leurs talents, il faut écarter les hommes comme on le ferait dans une foule aux centaines de visages énormes et semblables.

Elle s’appelle Nubya Garcia et a le menton haut, quand elle traverse Londres ou joue de son saxophone. Un instrument avec lequel elle fait corps, elle fait bouche, quand quelques décennies plus tôt sa pratique aurait été jugée vulgaire pour une femme, trop connotée, sale, alors qu’elle en aurait sorti les mêmes longues et puissante litanies. Nubya Garcia joue libre, mieux, elle leade des batteurs, des pianistes, des trompettistes, collabore avec Moses Boyd, Theon Cross et Shabaka Hutchings d’égale à égal. Iel s’appelle Kae Tempest, a sorti trois albums, cinq recueils de poésie, trois pièces de théâtre et un roman. Elle s’appelle Colleen, Cécile Schott de son vrai nom, était professeure jusqu’en 2006 et compose aujourd’hui des boucles superbes à base de viole de gambe, épinette, clarinette, wind chimes, calimba, piano à pouce, accordéon ou encore harmonicon. Elle s’appelle Arlo Parks, une poétesse chantant si justement sa « super sad generation » qu’elle a ravi le cœur des critiques musicaux·les de la BBC dans le classement Sound of 2020, à seulement 20 ans. Elles s’appellent Mélissa Laveaux, Fatima, Charlotte Adigéry, Scarlett O’Hanna, Anika, Yazz Ahmed, Lianne La Havas et sont les artistes qui portent ma colère et mon espoir, celui qu’on ne dérobe plus aux musicien·nes femmes, trans, non-binaires, racisé·es leur chance de créer, de performer et d’être reconnu·e·s.

Elisabeth Debourse
ARTISTES

Colleen, Lidaju Sisters, Afshana Khan, Razia Sultan, Tshegue, Sampa The Great, Sophia Kennedy, Ivy Sole, Greentea Peng, Arlo Parks, Fatima, Apani B., Zara McFarlane, Nubya Garcia, Yazz Ahmed, Emma-Jean Thackray, Ashley Henry, The Blessed Madonna, Charlotte Adigéry, Sophie Hunger, Anika, Peter Kernel, Michelle Gurevich, Khruangbin, Mattiel, Hannah Williams & the Affirmations, Y La Bamba, mélissa laveaux, Girlpool, Haley Heynderickx, Scarlett O’Hanna, Lianne La Havas, Joy Wellboy, SoKo, Kae Tempest

photo: Maurine Toussaint
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The story of Flowers and the making of ‘Island View’

Inside of the gatefold sleeve of Doom City – illustration: Xsullo
Roos, lead of Flowers:

Who would’ve thought that soon after the release of our debut album Doom City the whole world became pretty much a Doom City? A world floored by a virus. People wearing masks. Governments punishing citizens who gather in crowds. An apocalyptic image. And the worst of it all… no more concerts! (hehe)

Right before Covid-19 had hit Europe, we just finished a small tour in France. With a new drummer. Because just after the release of Doom City, the drummer of FLOWERS and one half of the duo, had decided she wanted to leave the project to make space for other things. Luckily Joris Frowein (Rats on Rafts, Lewsberg) wanted to jump in and join me on tour. 

FLOWERS at Le Temps Machine Tours, FR –  Photo: 2ème Rideau Association

There were more shows planned after that, but they all got cancelled due to the virus, like all the live shows for every other performer. We were all stuck in our houses. On our little private islands. Hoping it all will pass soon. Trying to make the best out of it. Trying to use the time as productive as possible. Looking for new routines, things to make, things to learn and things to do. Things you usually never have time for. (I heard so many stories of people exploring unknown territories, sometimes compulsively to not lose control or your mind.)

FLOWERS at Le Petit Bain Paris, FR – Photo: Céline Non

Through the Luik Music Twitch channel I started to do a lot of livestreams, collecting and playing ambient tunes (one of my favourite things to do) while making live drawings. It gave me a weekly routine, which was quite nice, to not go mad or get bored. I started learning more about coding, starting free Harvard courses and learning how to make Instagram face filters. Thinking, maybe things will get to normal at some point. But it didn’t.

After some weeks in these weird Corona times I slowly started to switch from missing playing shows, and waiting for venues to reopen again, to thinking about the future of FLOWERS. What would be something I would want to make next with this project? In a time without shows? And also with a change within the band. In these times I couldn’t do many things, but I could go into the studio alone… So I did.

I started to write some songs again and tried out new things with my guitar. Inspired by bands like Nadja, Sunn o))), other doom metal bands and ambient artists I started experimenting creating ambient drone doom. Just with my voice, my guitar, and some new pedals. I surrounded myself in a gloomy, sensitive, dark, but uprising atmosphere. And I am still in the writing process, but something is growing. I don’t know yet where it will lead me, but I do feel that it will grow from where I ended with Doom City – the ballad: Island View.

And today we’re releasing something special for this song, a visual ode to celebrate the one year anniversary of our debut album. A 360 Island View on a Doom City reality. Made by the magnificent artist Amos Mulder. So excited to share it. Hope you enjoy watching it.

And on top of this, more good news: last week (finally!) I was extremely happy to hear that one of our cancelled and rescheduled shows was actually happening. I was on stage again, after more than six months. Oh man, what a joy. Sharing your music with others, feeling the growl of my guitar, headbanging, listening to other bands live, talking with strangers and friends about music after the show. I feel so grateful this could happen. Hopefully we’ll play some more soon!

Listen to ‘Doom City’ LP by Flowers
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Fille de Choix #10

Girls go BOOM : Girls putting girls on stage

Girls go BOOM is a flemish feminist collective. Way before SCIVIAS, they had already given themselves the mission of fighting for women to have a better representation in music, mainly in the punk/alternative scene. They organize gigs with female bands, but also talks, workshops, debates… all of that in the purpose of seeing more girls on stage, in front of the stage, or working behind the stage, and hoping to create a vertuous circle where girls can inspire girls to take up more space and finally own the musical landscape. Follow what they do on Facebook, and don’t forget to lead a little fight of your own everyday…

What we see in the music industry today is sadly very much a mirror on what’s happening in the rest of society. We live in a patriarchal system where certain structures are in order to keep almost all the power in the hands of rich, straight, white, cis men. And even though women are half of the world’s population, in music as in greater society we are a minority. Because we have a smaller share of this stupid power thing. There aren’t only a few women on stage, but also in the (sometimes smelly, sometimes fancy) backstage. Most of the people in the industry are men. That means bookers, managers, artistic directors, sound technicians, record label owners,… Except in communication jobs – cause you know where so good in things like talking and writing and stuff – the whole music industry is super male dominated (ironically, they never let us speak though). Could the fact that it’s almost always men deciding who gets on stage be a reason why we see so few female artists? Hmmm, my spider woman sense says yes.

Throughout history the public sphere has always belonged to men while women belonged in the private sphere. You did your manly man things outside (war! politics! more war!) while we did our womanly things inside. Just think about the Victorian cliché of the Angel in the House while the husband went out to work, wore a monocle and smoked cigars in the gentlemen’s club. And even though we’re not in the 19th century anymore, we still see that men claim all the space in the public sphere. From minister posts, to speakers on conferences, to CEO positions, to interviews on tv and yes, that spot on the festival stage. Seriously, have you ever noticed that when a woman and a man cross each other on the sidewalk, the woman almost always take a step aside to let the man pass? That’s because men have the privilege to literally take up space.

We need these patriarchal structures dismantled. We need more girls and women taking up space and letting their voices heard. We need to listen to experiences of women and other minorities. Did anyone ever think that we might also like to have pockets in our pants? We do. And you know, things like equal pay and the right to our own bodies of course. We need to rethink what power means and how we deal with it.

There’s too much shit in the world going on for us to only listen to songs of sad boys crying over their broken heart. We need women screaming over a distorted guitar for the right to abortion, we need trans people making beats and rhymes about their experiences, we need ballads from black people on decolonization, we need folk songs on how capitalism is fucking up the climate and we need to sing/chant/carol/shout/grunt collectively on how refugees are welcome.

We need more girls to the front. We need our non-binary and trans friends up there with us. We need more male allies and we need to work on the issues women are confronted with at the same time we’re tackling problems dealing with racism, classicism, fatphobia, disabelism, ageism and other form of oppression.

To do so we need to claim space and to make noise. We need to go, ahum, BOOM.

Girls go BOOM
Here is their selection, almost a 100% queer/female.
Witch Fever / © Jeroen Jacobs Photo Projects
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Migration, Europe, Guilt: la création de ‘Missed Shots (مشاعر فوضوية)’ avec Morgan Liesenhoff, réalisatrice.

Vous l’avez loupé, un des clips les plus ambitieux que Luik a sorti cette année? Toute première vidéo du tout premier single du tout nouveau projet de François Custers ‘Guilt‘, ‘Missed Shots (مشاعر فوضوية)’ donne un espace aux personnes immigrées. Morgan Liesenhoff, réalisatrice du clip, raconte l’aventure humaine vécue tout au long du processus de création de ‘Missed Shots’.

Bon je ne vais pas vous mentir, faire ce clip n’était pas une mince affaire.

Tout d’abord parce ce que c’était mon premier clip (je viens plutôt du documentaire) et puis parce que je devais le co-réaliser avec François, aka Guilt, qui se trouve être en fait mon partenaire de vie. Chacun avait à cœur sa mission: rester fidèle aux paroles pour François et rester attentive à la narration qui se dessine à travers les images choisies pour ma part. Finalement, même si on peut tous les deux être assez têtus, on a réussi à s’écouter mutuellement et à produire un résultat qui nous plaît encore plus que si on l’avait fait seuls. 

Je pense que le deuxième challenge, peut-être le plus important, était d’arriver à parler migration et difficulté d’intégration alors que ni François ni moi n’avons vécu ça. On s’est donc dit qu’il fallait impérativement collaborer avec les premiers.es concerné.es.

Nous avons d’abord fait un appel au partage d’images via plusieurs associations et plateformes de soutien aux réfugiés, notamment en Belgique et en Turquie. Notre première volonté était de monter un clip seulement à partir d’images tournées au smartphone par des personnes réfugiées lors de leurs voyage jusqu’en Europe ou d’images de leur quotidien aujourd’hui. 

Malheureusement cette idée s’est avérée un peu naïve car les smartphones sont souvent volés, confisqués ou cassés lors du voyage. Les rares images que l’on retrouve finalement dans le clip sont celles envoyées par Marie Tihon, une talentueuse photographe belge qui couvre, entre autre, les vagues migratoires depuis la Turquie (et dont je vous conseille fortement de découvrir le travail), et par Josoor, une association qui aide les migrants.

Au final, on a changé d’idée en décidant cette fois de mettre en relation des récits de réfugié.es, coincé.es aux portes de l’Europe ou vivant sur le sol européen avec ces plans des bâtiments et statues iconiques du quartier européen à Bruxelles. Par ce contraste, on souhaitait faire naître la réflexion autour du paradoxe de la symbolique portée par ces institutions, le rapport aux valeurs morales, démocratiques et humanitaires qui font la fierté de l’Europe et celles et ceux qui ne demandent qu’à avoir ces valeurs appliquées à eux.elles également. Il était important pour nous de jouer sur la symbolique, la métaphore, en concentrant le regard sur ces personnes dans leur humanité.

En plein confinement Covid, c’était évidemment impossible de nous déplacer en dehors de la Belgique et on a donc pris contact avec notre ami Dimitri Petrovic. Il nous a laissé utiliser des images de son documentaire The Way Back. Dans le film, on suit Hussein, un musicien qui part faire le voyage vers l’Europe qu’il a entrepris cinq ans plus tôt mais à contre sens. Il y emmène avec lui sa femme enceinte qu’il a rencontré en Belgique, pour qu’elle comprenne ce qu’il a traversé. Un très beau documentaire qui nous avait énormément touché.

Pour les images tournées en Belgique et en plein confinement (chut !), on a pu compter sur l’aide de Karam, qui a coécrit la chanson avec François. Né de parents palestiniens réfugiés en Syrie il a dû fuir son pays d’asile pour la Belgique après avoir critiqué le gouvernement de Bachar Al-Assad et rejoint la révolution syrienne. Aujourd’hui il travaille en tant que traducteur interprète pour Médecins Sans Frontières notamment.

Il nous a présenté à des amis réfugiés rencontrés à son arrivée en 2014. Ces rencontres ont été plus fortes les unes que les autres. Toutes leurs histoires étaient uniques et pourtant tous ont vécu l’injustice, le déracinement et bien souvent le rejet de l’Europe. Aujourd’hui ils se reconstruisent loin de leurs familles, de leurs amis. On retrouve en chacun d’eux une force de vivre et de se battre comme rarement on la croise.

C’est celle-ci qu’on a voulu mettre en avant dans le clip de Missed Shots. À travers des moments de vie simples, des regards assurés, parfois durs et confrontant, parfois empreints de douceur. Le clip ne veut pas imposer une histoire mais laisser libre champ à l’interprétation, approcher ces récits et visages pour ce qu’ils sont plutôt que pour ce qu’on en pense. Et laisser, en fermeture, l’appel de Karam Alhindi se déployer dans toute sa force, au travers d’une séquence où il se réapproprie la parole et la caméra.

Morgan Liesenhoff
PSSSST, ON A UNE SUPer NEWSLETTER…
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Jeremy Walch: sur le tournage de “Surfing” avec Sebal

Dans la grande famille Luik, nous avons la chance de pouvoir compter un bon nombre d’artistes talentueux. Sébastien Alouf a.k.a Sebal c’est vraiment le haut du panier en terme d’amitié, de bonté, de douceur, et de création. On vous parle d’une tête pensante qui comptabilise certainement trois fois plus d’idées à la minute qu’une personne dite “standard”… C’est d’autant plus à propos de vous parler de Sebal maintenant qu’il nous concocte en ce moment-même un clip pour le grand retour d’un groupe qui frétille d’impatience depuis presque deux ans…

En juin 2019, Jeremy Walch sortait son clip pour Surfing, réalisé par Sebal. On vous fait re-découvrir cette pépite, avec quelques bonus.

Le vrai clip
Le faux clip

Le tournage sauvage, c’était une journée ensoleillée à la Côte d’Opale sur la grande plage déserte de Tardinghen.

Une bâche peinte par Arnaud Koole présent sur le tournage pour superviser son utilisation. Envol poétique de la fresque à 1’50”.

Le crew qui a passé une très bonne journée à la mer.

Le morceau “Surfing” fait partie de la tracklist de l’excellent “Scarlet”, l’album de surf pop que Jeremy a pondu en Australie et qu’on vous invite aussi à (ré)-écouter, allez ZOU. Si c’est le gros coup de coeur, le vinyle s’achète ici.

Plus dE SECRETS de tournage
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Fille de Choix #9

Mélissa Poupart: les oreilles affutées de radio béton

Dans la saga romantique entre Luik Music et la Ferarock, on vous sert en ce mois de juillet la direction d’antenne de Radio Béton à Tours. Le texte précieux de Mélissa sur la visibilité des femmes depuis le coeur d’une radio:

Récupéré in-extrémis, un mail de Juliette – du Label Luik – arrive à mon attention. Elle me propose d’être la curatrice du mois de Juillet pour la playlist “Fille de Choix”, un projet complètement cool et que j’avais découvert il y a quelque mois avec la sélection d’Ophélie de la Férarock, qui met en avant les femmes dans le secteur de la musique : par leur choix de playlisteuses et la contrainte de mettre dans leur playlist au moins 50% de morceaux interprétés/écrits par des artistes féminines. C’est un honneur pour moi d’avoir été choisie. En tant que femme, et encore débutante dans le milieu de la musique (cela ne fait seulement que 3 ans que je suis à la direction d’antenne de Béton) il est toujours difficile pour moi de m’accorder la légitimité de ce genre d’exercice. Toujours difficile d’utiliser sa voix pour dénoncer et défendre des idées. Heureusement je trouve toujours des appuis tremplin pour aller au bout de mes idées. C’est par exemple avec une collègue et amie que j’ai monté une émission 100% (Glaire Witch) qui propose du contenu chaque mois sur des initiatives féministes, des invitées au féminin, des coups de gueule aussi et mais aussi et surtout des morceaux girl power et badass à souhait ! C’est d’abord dans notre playlist que je suis allée piocher pour Luik, jusqu’à ce que ma mémoire me fasse défaut. Alors là, plus qu’une seule solution : respirer un grand coup et plonger dans la discothèque de Radio Béton pour se rafraîchir les idées.

Depuis 2014 et que je fréquente le studio, on en a vu passer des artistes féminines, mais il est vrai qu’elles sont toujours moins nombreuses que les hommes, alors il faut bien chercher. D’autant plus dans le rock, le rap ou l’électro. Pas qu’elles n’existent pas, mais qu’il est plus compliqué pour elles d’arriver jusqu’à nous, nos bacs et donc nos auditeur.ices. Et c’est un vrai problème dans la musique, mais dans d’autres domaines aussi (littérature, cinéma, sciences…). Dans les aides d’accompagnement aux artistes, combien sont-elles à pouvoir en bénéficier ; Sur scène, quel pourcentage homme-femme dans les festivals ou les salles de spectacles ? Alors merci aux initiatives qui se montent pour aider les artistes-musiciennes-autrices-compositrices à se développer, à se produire et à être vue / entendues, merci donc à Luik Music pour ces playlists ‘Fille de Choix’.

Enfin, puisque seulement 50% de femmes dans ma playlist c’est encore trop peu pour mettre la balance à niveau, je vais aller un peu plus loin et frôler les 100% ! Go girls ! Soyez fières, soyez fortes et n’ayez peur de rien !

Mélissa Poupart
La playliste par ici

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