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Fille de Choix

Fille de Choix #12

Lola Levent: d.i.v.a. et guERRIèRE

Pour ce mois de novembre, on vous propose du très lourd et un gros CV difficile à résumer en quelques lignes. Lola Levent est poétesse, écrivaine, manageuse… et derrière un incontournable et précieux compte instagram: d.i.v.a.infos. Diva est un réservoir de ressources et d’informations sur le sexisme dans le monde de la musique. Lola fait aussi partie de change de disque, qui lutte pour l’adoption de mesures législatives concrètes contre les discriminations et violences sexistes (on vous encourage à lire le manifeste). Aussi, son compte instagram beauxraps analyse les liens entre l’art contemporain et le rap et c’est incroyablement intéressant.

Le féminisme, cela s’écoute, cela se lit, cela s’apprend. Ce sont des chiffres, des études, des analyses, des personnes qui ont creusé le sujet et qui nous informent avec justesse. Merci Lola, on t’écoute.

la playlist de lola levent

J’ai imaginé une playlist pour faire découvrir les artistes francophones qui font la musique d’aujourd’hui : les femmes-pluie, les femmes-clowns, les femmes-soie, les femmes-machines, les femmes-piano, les femmes-avions, les femmes-slime… — sans elles le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Lola Levent
Piqûre de rappel sur le concept ‘Fille De Choix’:

Tous les mois, une nouvelle curatrice nous sélectionne une playlist où les artistes féminines sont majoritaires. Pour qu’elles existent, pour qu’on les découvre, pour se battre contre le sexisme.

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Fille de Choix Luikster

Fille De Choix #11

Elisabeth debourse: mordre dans le Sexisme

Prenez une plume infatiguable, une curiosité sans bornes, un travail acharné, vous obtiendrez l’un des esprits les plus vifs de notre petit pays. Journaliste musicale d’abord, Elisabeth Debourse est aujourd’hui devenue l’incontournable si l’on veut parler société, manger et aussi féminisme. Du podcast Salade Tout (saison #1 co-réalisée avec Axelle Minne) à sa newsletter hebdomadaire Mordant, il y a encore bien plus que ces deux excellentes raisons de suivre son travail.

Luik est très fier de vous transmettre sa playlist 100% féminine et le texte qui l’accompagne:

LA PLAYLIST ICI, Le texte lÀ ↓

Elles s’appellent Taiwo et Kehinde Lijadu, les Lijadu Sisters. Le duo funk opère entre les années 60 et 80 à l’avant de la scène nigériane, à quelques encablures génétiques et musicale de Fela Kuti, leur cousin éloigné. Elles sont un écho d’Idaban, la troisième plus grande ville du pays, leur timbre de jumelles se superposant à la perfection. En novembre dernier, Kehinde est décédée d’un cancer, rompant le lien de vie, mais aussi politique qui les unissait. « La musique nous a appris à tendre la main et à tenter de changer les choses, socialement, moralement, financièrement, spirituellement et politiquement. Nous chantions ces morceaux parce qu’ils [les politiques] n’écoutaient pas. Nous avions besoin d’écoles, nous avions besoin de routes, nous avions besoin d’eau potable », évoquaient-elles en 2014 à Harlem au micro de la journaliste et DJ Kate Hutchinson. Pour faire entendre leur voix et celles de leur pays, il leur a fallu prendre une place qu’on n’attendait pas d’elles, dans un milieu qui ne voulait pas d’elle. Malgré l’héritage et le cran que Taiwo et Kehinde Lijadu ont laissé dans les mémoires, le rappeur Nas n’a pas jugé utile de les créditer quand il a samplé « Life’s Gone Down Low » en 2006. 

Elles s’appellent Afshana Khan et Razia Sultan, et ce sont leur voix qui me prennent en otage chaque fois que j’écoute « Chala Vahi Des », le deuxième morceau de cette playlist — pas la guitare de Jonny Greenwood, tapie quelque part derrière les percussions et les vagues de l’harmonium. Il faut pourtant creuser la surface des crédits de l’album Junun pour trouver leur nom, quand celui du membre de Radiohead figure partout. Leur invisibilisation pourrait être rapidement balayée par des arguments de notoriété, d’investissement ou de paternité du projet, mais même avec ceux-ci, l’anecdote est un rappel crispant de la réalité musicale dans laquelle nous vivons : bien sûr que les femmes (f/x) sont là, bien sûr qu’elles chantent, qu’elles jouent. Mais pour faire la lumière sur elles et leurs talents, il faut écarter les hommes comme on le ferait dans une foule aux centaines de visages énormes et semblables.

Elle s’appelle Nubya Garcia et a le menton haut, quand elle traverse Londres ou joue de son saxophone. Un instrument avec lequel elle fait corps, elle fait bouche, quand quelques décennies plus tôt sa pratique aurait été jugée vulgaire pour une femme, trop connotée, sale, alors qu’elle en aurait sorti les mêmes longues et puissante litanies. Nubya Garcia joue libre, mieux, elle leade des batteurs, des pianistes, des trompettistes, collabore avec Moses Boyd, Theon Cross et Shabaka Hutchings d’égale à égal. Iel s’appelle Kae Tempest, a sorti trois albums, cinq recueils de poésie, trois pièces de théâtre et un roman. Elle s’appelle Colleen, Cécile Schott de son vrai nom, était professeure jusqu’en 2006 et compose aujourd’hui des boucles superbes à base de viole de gambe, épinette, clarinette, wind chimes, calimba, piano à pouce, accordéon ou encore harmonicon. Elle s’appelle Arlo Parks, une poétesse chantant si justement sa « super sad generation » qu’elle a ravi le cœur des critiques musicaux·les de la BBC dans le classement Sound of 2020, à seulement 20 ans. Elles s’appellent Mélissa Laveaux, Fatima, Charlotte Adigéry, Scarlett O’Hanna, Anika, Yazz Ahmed, Lianne La Havas et sont les artistes qui portent ma colère et mon espoir, celui qu’on ne dérobe plus aux musicien·nes femmes, trans, non-binaires, racisé·es leur chance de créer, de performer et d’être reconnu·e·s.

Elisabeth Debourse
photo: Maurine Toussaint
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Piqûre de rappel sur le concept ‘Fille De Choix’:

Tous les mois, une nouvelle curatrice nous concocte une playlist où les artistes féminines sont majoritaires. Pour qu’elles existent, pour qu’on les découvre, pour se battre contre le sexisme.

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Luikster The Word Radio

Naar Suyu

An exclusive mix for The Word Radio by Maureen (@mrnvdb)

Lance le mix pendant que tu lis:

Si tu veux savoir, y’a une private joke où depuis une paire d’années je dis « ouais j’sors bientôt ma première mixtape NAAR SUYU »… Hé comme quoi, tout finit par arriver.

Le nom de la mixtape signifie « Jus de Grenade » (nar suyu) mais avec 2 A, en hommage au projet NAAR que je trouve incroyable, je t’en parle plus après, car l’envie en substance est la même à mon tout petit niveau : créer des ponts.

Je vais essayer de ne pas t’écrire un bouquin, parce que je ne suis pas spécialiste, mais par contre, bah c’est comme quand la musique démarre, je suis vite emportée. C’est impossible de t’expliquer pourquoi ça me touche tant et que ça me met en transe dès les premières notes. Les tonalités peut-être, les instruments (gros cœur sur le oud !) … Et puis la langue. D’ailleurs j’ai commencé à apprendre l’arabe pour comprendre un peu ce que ça raconte et limiter tant que possible le yaourt quand je chante avec, même s’il n’y a que mon chat pour l’entendre.

J’ai l’impression qu’il y’a 10-15 ans, si tu n’avais pas un réel intérêt pour la musique arabe, ce qui arrivait à tes oreilles ce n’était pas forcement les meilleurs crus du raï et puis quelques classiques comme Fairuz ou un peu plus récemment Rachid Taha, certains morceaux de Dalida aussi. Mais c’est tellement plus vaste ! Surtout ce qui se fait en ce moment, c’est une folie. Peut-être que ça s’explique du fait que n’obtient pas qui veut un visa pour passer les frontières de Schengen et venir jouer en Europe (même si j’ai pu assister à de très beaux concerts).

D’ailleurs c’est probablement par les voyages que ça a commencé à me rentrer dans l’oreille. J’ai passé pas mal de temps au Caire, dans la région d’Agadir et à Tunis surtout. Je vivais chez des potes qui viennent de là et y habitent toujours pour la plupart. On sortait dans les clubs et les cafés-concerts, puis surtout on s’est tapé des heures et des heures de bagnole. Ici quand tu décides d’aller à la mer, c’est une expédition, tu prévois ça des jours à l’avance alors que c’est pas si loin. En Tunisie on se lève le matin, on se dit qu’on irait bien se baigner et on roule trois heures pour arriver à la plage, y rester une bonne heure puis on refait le chemin dans l’autre sens. Bref, ça laisse tout le temps du monde pour se faire écouter de la musique. 

Y’a eu des films aussi comme « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch qui a une bande son incroyable. On y voit d’ailleurs Yasmine Hamdan donner un concert où elle chante le titre Hal [track 9]. Même si je peux avoir une recherche plus active, je pense que ça s’est beaucoup passé au petit bonheur la chance. Comme lors de mes pérégrinations sur Soundcloud… en réécoutant le projet Love & Revenge [track 16] de Rayess Bek et La Mirza – lui remix des classiques de la musique arabe pendant qu’elle fait du VJing avec des extraits de films issus de l’âge d’Or du cinéma Egyptien, une folie !  – après être allée les voir en live sur les bons conseils d’un ami, je passe le reco en reco et c’est comme ça que je suis tombée sur Hello Psychaleppo [track 7]. Boom, explosion de cerveau. Bref à un moment les différents algorithmes font leur taf.

Mais c’est aussi le cas IRL, quand je vais chez Balades Sonores, ils ont un bac qui s’appelle « de Tanger à Beyrouth », souvent je me laisse guider par le design de la pochette et puis j’ai de belles surprises comme avec Alif [track 22] et l’album « Aynama-Rtama ». Et bien sûr, il y a des artistes comme Acid Arab [track21] qui ont clairement joué un rôle, ou bien même ici à Bruxelles, Gan Gah qui fait des trucs de fou. Je me souviens avoir saigné un mix qu’il avait fait il y’a 4 ans pour LowUp Radio.

Et un jour je tombe sur le morceau Money Call [track 20] qui annonce le projet NAAR… Le son me met une grosse claque et à la réal du formidable clip qui l’accompagne, on retrouve le nom de Ilyes Griyeb. Il avait co-signé un an plutôt un article qui avait retenu mon attention, intitulé « Et si on laissait enfin les artistes arabes raconter eux-mêmes leur(s) histoire(s) ? » dans lequel il dénonce le plagiat et l’utilisation par des artistes occidentaux de tous bords de l’esthétique arabe sans jamais promouvoir les talents créatifs de ces pays. Cette tribune a donné naissance à une idée, qui est devenue un collectif puis une plateforme pour enfin aboutir sur l’un des albums que j’ai dû le plus écouter en 2019 : Safar (voyage en français). Un projet ultra ambitieux qui regroupe 11 artistes marocains et 19 artistes européens et nord-américains tout en gardant sa cohérence du premier au seizième titre. Une matérialisation concentrée du talent et du savoir-faire de la scène maghrébine pour enfin partir à la conquête du monde entier. (Making of l’album)

Je me suis un peu étendue sur le sujet mais ça en vaut vraiment la peine. Franchement c’est propre ! La trap est internationale, le darija (dialecte marocain) est local et ça tabasse. Pour voir à quel point les gars sont prêts – sans déconner, ça fait des années qu’ils cherchent les meilleures façons de faire sonner les mots, à taffer leur flow, la technique… – et à quel point ils en veulent, je vous conseille le docu Wa Drari qui retrace le parcours de Shayfeen (duo très actif dans le collectif NAAR)

Je vais clôturer sur deux autres reco de docu en lien avec la musique arabe :

Pendant le confinement j’ai enfin regardé El Gusto de Safinez Bousbia. Ça parle de la musique chaâbi, une musique populaire inventée au milieu des années 20 au cœur de la Casbah d’Alger et qui « fait oublier la misère, la faim, la soif » tout en rassemblant juifs et musulmans pendant des années au sein du même orchestre jusqu’à la guerre et ses bouleversements. Je spoile pas plus mais ça m’a mis la larme.

D’Alger on part pour Le Caire et on passe du Chaâbi à l’électro Chaâbi avec le docu du même nom réalisé par Hind Meddeb. Victime de la corruption et de la ségrégation sociale, la jeunesse des quartiers populaires exorcise en faisant la fête. L’idée : fusionner les sons et les styles de manière chaotique. Un seul mot d’ordre : foutre le bordel ! Donc forcément, j’aime bien.

Bon je vais m’arrêter ici mais comme je disais au début, je suis loin de tout connaître et on n’a jamais fini d’en faire le tour alors si vous avez des suggestions, faites pleuvoir dans les DM. Bonne écoute.

Ah oui et voilà la tracklist:

  1. Rim Banna – my songs will sound from the squares (ft. Checkpoint 303 & Bugge Wesseltoft)
  2. Band فئران تجارب – ملفات 
  3. Carl Gari & Abdullah Miniawy – Darraje
  4. Mauvais oeil – Afrita
  5. Majed Alesa – Lehe
  6. Deena Abdelwahed – Tawa
  7. Hello Psychaleppo – Tarab Dub
  8. Ammar 808 – Ain Essouda (ft. Cheb Hassen Tej)
  9. Yasmine Hamdan – Hal
  10. Bachar Mar Khalifé – El Hilwatu (Sama’ Remix)
  11. Ibrahim Maalouf – Elephant’s Tooth
  12. Yussef Kamaal – Strings of Light
  13. Jerusalem in my Heart – A Granular Buzuk
  14. Oiseaux-Tempête – Bab Sharqi
  15. The Gaslamp Killer – Nissim (ft. Amir Yaghmai)
  16. Love & Revenge – Batwaness Bik
  17. A-Wa – Habib Galbi
  18. El 3ou – Koullech
  19. Felix Snow & El Rass – Ali
  20. NAAR (Shobee, Laylow & Madd) – Money Call
  21. Acid Arab – La Hafla (ft. Sofiane Saidi)
  22. Alif – Dars min Kama Sutra
  23. Mashrou’Leila – Maghawir
  24. Taxi Kebab – Lmchi w Rjou3
  25. SoapKill – Tango
  26. EMEL – Kaddesh (Ash Koosha Rework)
  27. Sevdaliza – Gole Bi Goldoom
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #10

Girls go BOOM : Girls putting girls on stage

Girls go BOOM is a flemish feminist collective. Way before SCIVIAS, they had already given themselves the mission of fighting for women to have a better representation in music, mainly in the punk/alternative scene. They organize gigs with female bands, but also talks, workshops, debates… all of that in the purpose of seeing more girls on stage, in front of the stage, or working behind the stage, and hoping to create a vertuous circle where girls can inspire girls to take up more space and finally own the musical landscape. Follow what they do on Facebook, and don’t forget to lead a little fight of your own everyday…

What we see in the music industry today is sadly very much a mirror on what’s happening in the rest of society. We live in a patriarchal system where certain structures are in order to keep almost all the power in the hands of rich, straight, white, cis men. And even though women are half of the world’s population, in music as in greater society we are a minority. Because we have a smaller share of this stupid power thing. There aren’t only a few women on stage, but also in the (sometimes smelly, sometimes fancy) backstage. Most of the people in the industry are men. That means bookers, managers, artistic directors, sound technicians, record label owners,… Except in communication jobs – cause you know where so good in things like talking and writing and stuff – the whole music industry is super male dominated (ironically, they never let us speak though). Could the fact that it’s almost always men deciding who gets on stage be a reason why we see so few female artists? Hmmm, my spider woman sense says yes.

Throughout history the public sphere has always belonged to men while women belonged in the private sphere. You did your manly man things outside (war! politics! more war!) while we did our womanly things inside. Just think about the Victorian cliché of the Angel in the House while the husband went out to work, wore a monocle and smoked cigars in the gentlemen’s club. And even though we’re not in the 19th century anymore, we still see that men claim all the space in the public sphere. From minister posts, to speakers on conferences, to CEO positions, to interviews on tv and yes, that spot on the festival stage. Seriously, have you ever noticed that when a woman and a man cross each other on the sidewalk, the woman almost always take a step aside to let the man pass? That’s because men have the privilege to literally take up space.

We need these patriarchal structures dismantled. We need more girls and women taking up space and letting their voices heard. We need to listen to experiences of women and other minorities. Did anyone ever think that we might also like to have pockets in our pants? We do. And you know, things like equal pay and the right to our own bodies of course. We need to rethink what power means and how we deal with it.

There’s too much shit in the world going on for us to only listen to songs of sad boys crying over their broken heart. We need women screaming over a distorted guitar for the right to abortion, we need trans people making beats and rhymes about their experiences, we need ballads from black people on decolonization, we need folk songs on how capitalism is fucking up the climate and we need to sing/chant/carol/shout/grunt collectively on how refugees are welcome.

We need more girls to the front. We need our non-binary and trans friends up there with us. We need more male allies and we need to work on the issues women are confronted with at the same time we’re tackling problems dealing with racism, classicism, fatphobia, disabelism, ageism and other form of oppression.

To do so we need to claim space and to make noise. We need to go, ahum, BOOM.

Girls go BOOM
Here is their selection, almost a 100% queer/female.
Witch Fever / © Jeroen Jacobs Photo Projects
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Fille de Choix #9

Mélissa Poupart: les oreilles affutées de radio béton

Dans la saga romantique entre Luik Music et la Ferarock, on vous sert en ce mois de juillet la direction d’antenne de Radio Béton à Tours. Le texte précieux de Mélissa sur la visibilité des femmes depuis le coeur d’une radio:

Récupéré in-extrémis, un mail de Juliette – du Label Luik – arrive à mon attention. Elle me propose d’être la curatrice du mois de Juillet pour la playlist “Fille de Choix”, un projet complètement cool et que j’avais découvert il y a quelque mois avec la sélection d’Ophélie de la Férarock, qui met en avant les femmes dans le secteur de la musique : par leur choix de playlisteuses et la contrainte de mettre dans leur playlist au moins 50% de morceaux interprétés/écrits par des artistes féminines. C’est un honneur pour moi d’avoir été choisie. En tant que femme, et encore débutante dans le milieu de la musique (cela ne fait seulement que 3 ans que je suis à la direction d’antenne de Béton) il est toujours difficile pour moi de m’accorder la légitimité de ce genre d’exercice. Toujours difficile d’utiliser sa voix pour dénoncer et défendre des idées. Heureusement je trouve toujours des appuis tremplin pour aller au bout de mes idées. C’est par exemple avec une collègue et amie que j’ai monté une émission 100% (Glaire Witch) qui propose du contenu chaque mois sur des initiatives féministes, des invitées au féminin, des coups de gueule aussi et mais aussi et surtout des morceaux girl power et badass à souhait ! C’est d’abord dans notre playlist que je suis allée piocher pour Luik, jusqu’à ce que ma mémoire me fasse défaut. Alors là, plus qu’une seule solution : respirer un grand coup et plonger dans la discothèque de Radio Béton pour se rafraîchir les idées.

Depuis 2014 et que je fréquente le studio, on en a vu passer des artistes féminines, mais il est vrai qu’elles sont toujours moins nombreuses que les hommes, alors il faut bien chercher. D’autant plus dans le rock, le rap ou l’électro. Pas qu’elles n’existent pas, mais qu’il est plus compliqué pour elles d’arriver jusqu’à nous, nos bacs et donc nos auditeur.ices. Et c’est un vrai problème dans la musique, mais dans d’autres domaines aussi (littérature, cinéma, sciences…). Dans les aides d’accompagnement aux artistes, combien sont-elles à pouvoir en bénéficier ; Sur scène, quel pourcentage homme-femme dans les festivals ou les salles de spectacles ? Alors merci aux initiatives qui se montent pour aider les artistes-musiciennes-autrices-compositrices à se développer, à se produire et à être vue / entendues, merci donc à Luik Music pour ces playlists ‘Fille de Choix’.

Enfin, puisque seulement 50% de femmes dans ma playlist c’est encore trop peu pour mettre la balance à niveau, je vais aller un peu plus loin et frôler les 100% ! Go girls ! Soyez fières, soyez fortes et n’ayez peur de rien !

Mélissa Poupart
La playliste par ici

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Fille de Choix #8

camille loiseau: li(b)re.

Pèle-mèle: Le Vecteur, l’A210, les Grenades, de la photographie (coup de coeur Fisheye Magazine #290), du féminisme, du bon goût et dernièrement, la moitié de l’idée originale ‘li(b)re‘, groupe de lectures partagées à voix haute né du confinement. Le futur quoi:

J’ai débarqué à Bruxelles il y a 8 ans, excitée à l’idée de découvrir une scène musicale foisonnante. À l’époque, ma culture s’était construite en ligne et il s’avérait difficile de déceler les organes génitaux cachés derrière un pseudo Soulseek. Femme ou homme, peu importe. (Je crois que c’est le moment où on rappelle que vulve n’est pas nécessairement égal à femme et pénis pas forcément associé à un homme. Voilà, c’est fait, on peut continuer.)

Le choc a eu lieu sur le tard : au Magasin 4, Ateliers Claus, Rumsteek, VK (…) on n’était que très peu de femmes, sur scène comme dans le public. J’ai ensuite travaillé au Vecteur à Charleroi et à l’Atelier 210 à Etterbeek pour réaliser que le bilan n’était guère plus réjouissant côté backstages (et pourtant, quelques années plus tard, les choses changent doucement /clap clap Scivias/).

Alors avec les quelques nanas que je croisais tous les week-ends, souvent entre deux bières et quelques gouttes de sueur, il a fallu se retrousser les manches : Axelle, Elisabeth, Julie, Maureen, Audrey, Lucie, Elise, Fatoo, Clara, Nathalie, Rita,… Et si on commençait à faire du name-dropping de meufs badass, histoire de visibiliser un peu celles qu’on laisse trop souvent dans l’ombre?

La visibilité, c’est sans doute un des vecteurs du changement. D’où l’intérêt de ces playlists (merci à LUIK pour ça!). Trois lignes directrices bercent cette sélection : femmes, eccléctisme et indépendance. La totalité des groupes et artistes choisies sont exclusivement féminines ou ont un lead féminin. Beaucoup sont signées sur des labels indépendants qui prônent les valeurs du do-it-yourself. Le tout dans un éclatement des styles et des “frontières” musicales qui j’espère vous déstabilisera autant qu’ils vous charmera. 3h30 d’écoute qui, grâce à un simple copier-coller, vous fourniront une réponse toute faite à “La musique, c’est un truc de mecs.” Bonne écoute, bon combat ! 

Camille Loiseau
Photo: Maurine Toussaint
TRACKLIST

Turiya & Ramakrishna – Alice Coltrane

Waltz – Fatima 

Philos – Park Jiha 

Tsuba O Te Ni Nokosu – Golin, Buga

Dream Girl – Ivy Sole 

A Mulher do Fim do Mundo – Elza Soares

The Strut – 30/70 

C’est normal – Brigitte Fontaine

Come Meh Way – Sudan Archives

Healer – Sampa the Great, Zaachariaha 

Diddy Bop (feat Cam O’bi & Raury) – Noname

Unemployed – Tierra Whack

1,618 – Charlotte Adigéry

With a Cherry on Top – Sneaks

Songs about you – CHIKA

Once – Nubya Garcia

Honeycomb – Kadhja Bonet

Atoll – Nai Palm 

Carry-Cot – Colleen 

I Hope You Die – Molly Nilsson

Morning Matters – Yazmin Lacey

Natural Woman – Kaiit

Je pleure tout le temps – Veronique Vincent, Aksak Maboul 

Aloha Miami – The Dreams

Le soleil dans le monde – Domenique Dumont

I’m a Dreamer – Josephine Foster

Downers – Greentea Peng

Aidez-moi – AUSGANG

Evanouie – Meryem Aboulouafa

Try – Madison McFerrin

The Mark – Cold Specks

Wake (for Grenfell) – SEED Ensemble

Tonight You Might (feat Lady Wray) – Synthia

Verse – Rhye

You’re on your own – Annelies Monseré 

Sometimes I feel like a Motherless Child – Jeanne Lee, Ran Blake

Trail of the Smiling Sphinx – Matana Roberts 

For the sun – Marissa Nadler, Stephen Brodsky 

Lessons – Kate Tempest 

After laughter (comes tears) – Wendy Rene

Free Again – Arima Ederra

The List – Moonchild

Sango – OSHUN 

A Ghost in the Train, thinking – Eiko Ishibashi 

Heavyweight Champion of the Year – Nilüfer Yanya

Babylon – Delilah Holliday 

101 FM – Little Simz 

Afqid Adh-Dhakia – Nadah El Shazly

GFM – Blu Samu, Daiko 

De mon âme à ton âme – KOMPROMAT, Adèle Haenel 

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Fille de Choix #7

Minous Sanglants, le fanzine tourangeau qui se fait les griffes.

“En essayant d’être le plus transparent, respectueux et sincère possible, Minous Sanglants aborde des questions et des problématiques de société liées aux femmes et aux minorités.”

Quand Luik Music nous a lancé le défi de réaliser une playlist pour “Filles de choix”, on a d’abord été hyper flattées et fières. Chez Minous Sanglants, on a à coeur de lutter contre l’invisibilisation des femmes, et notamment dans le secteur culturel et musical. Il nous a donc semblé évident de proposer une playlist 100% féminine, avec des artistes ou des groupes dont au moins l’un des membres est une femme. Cette playlist est (très) éclectique, composée de morceaux qui nous accompagnent au quotidien. T’y trouveras des classiques, des vieilleries, des titres récents. Peut-être que t’y découvriras même ton nouveau morceau fétiche ? On espère que ces tracks te remplieront d’amour. En tout cas, on y a mis tout notre coeur.

Minous Sanglants
DISCOVER ‘MINOUS SANGLANTS’ FANZINE
Marion Legoff
TRACKLIST

SORRY - CAMILLA SPARKSSS
RADIATE - JEANNE ADDED
TOOK A LONG TIME - CARLA DAL FORNO
LA FIN DES TEMPS - MANSFIELD.TYA
WHERE WE STARTED - DEAR CRIMINALS
LES PÈRES PLEURENT EN ÉCHO - LEONIE PERNET
STRANGE WAYS - C.A.R.
HEARTS IN PAIN - RANDOM RECIPE
CARBON CONTENT - CALLING MARIAN
PAIN - BOY HARSHER
ADIEU AU DANCEFLOOR - MARIE DAVIDSON
SPACE SONG - BEACH HOUSE
CHAMBRE2 - IRÈNE DRÉSEL
INTERN - ANGEL OLSEN
UMUSUNA - FLÈCHE LOVE
SHADOW - CHROMATICS
MARAKA - MAY EAST
DANCING GIRLS - FARAH
CRUEL SUMMER - BANANARAMA
HEARTLESS - EVELYN THOMAS
GONNA GET OVER YOU - FRANCE JOLI
HOW ABOUT IT - MDMC
SOLA - LA CHICA
MANTISSA - MARINA SATTI
TIGER SONG - EMILIE ZOÉ
HOLY BIRDS - ROPOPOROSE
SUPERNATURAL POWERS - PETER KERNEL
ALWAYS FOREVER - CULTS
BELLALUCY - MELISSA KASSAB
GOCA DÜNYA - ALTIN GÜN
ICELAND - LUCIE ANTUNES
MY TRUTH - COCTEAU TWINS
FALLING - JULEE CRUISE
WHISKEY SOUR - MOLLY NILSSON
MELTED - GEYSIR
SHE WILL - SAVAGES
SERENITY - DRAHLA
SYNAPSE - LINEA ASPERA
GALLOWDANCE - LEBANON HANOVER
RETOX - ESSAIE PAS
NOV POWER - NOVA MATERIA
SANKI HIÇ DURMADI - KIM KI O
THE FIGHT - SILLY BOY BLUE
JONATHAN - CHRISTINE AND THE QUEENS (feat. Perfume Genius)
SYMBOL - ADRIANNE LENKER
HORIZON - ALDOUS HARDING
HUNTER - BECCA MANCARI
S.I.T.C. - COALS
FELLOW - LAETITIA SHERIFF
WE MIGHT BE DEAD BY TOMORROW - SOKO
LET'S MAKE LOVE AND LISTEN TO DEATH FROM ABOVE - CSS
MOODY - ESG
DECEPTACON - LE TRIGRE
UPTIGHT DOWNTOWN - LA ROUX
THE BEST THING - CHARLOTTE ADIGÉRY
BREATHE YOU IN MY DREAMS - TRIXIE WHITLEY
DEMONS - GRANDE
GREASY GRASS - SHE KEEPS BEES
ROMANCE - EX:RE
YOU COULD BE MORE AS YOU ARE - SAÂDA BONAIRE
L.A. NIGHT - YASUKO AGAWA
ON RETINAE - DIP IN THE POOL
LUAR - PRISCILLA ERMEL
VOICES FROM THE SKY - MAUD GEFFRAY
THE HOST OF SERAPHIM - DEAD CAN DANCE
A LOT'S GONNA CHANGE - WEYES BLOOD
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #6

Ophélie Baron: badass de l’ombre.

Ophélie, c’est une femme forte qu’on a rencontré à l’Eurosonic en janvier 2020. Elle est responsable des partenariats pour le réseau des radios Ferarock (26 en tout). Elle est celle qui centralise, consolide, uni les équipes, elle sort les radios de leurs studios. Luik Music et la Fera c’est une histoire faite pour durer, solide comme le béton, et d’ailleurs radio Béton (à Tours) c’est là où notre JB a fait ses armes avant de se faire happer à Liège par Luik. Ophélie est féministe, comme nous, et nous a dit que le mot “fille” de “fille de choix” c’était un peu condescendant. On lui a dit que c’était surtout pour le jeu de mot avec “fille de joie”, elle a rigolé puis elle a dit oui.

Voilà sa playliste à base de FEMMES, appréciez au max.

Dès qu’ils me l’ont proposé, j’ai dit un grand oui, et un merci à la Luikteam parce que j’ai trouvé l’idée beaucoup trop cool : Le but du jeu, 50-50 groupes de nanas et de mecs à mettre dans ma playlist. Dans un élan de féministe rebelle je me suis dit « mais f**k la gent masculine, je fais un 100% de nanas carrément ?! » Contente, je commence à m’y mettre. Direct j’ai repensé aux derniers concerts cools que j’ai vus et à certains de mes groupes fétiches… Je me rends compte très vite que la plupart sont des mecs (déception et prise de conscience en même temps) je déchante, faut dire que je ne suis pas aidée par la prédominance masculine dans le rock et ses dérivés garage, psyché (qui font la plupart de mes sorties concerts la semaine..) Je suis révoltée mais raisonnée en me disant qu’un 60-40 sera plus réaliste.. Bon et comme j’ai pas trop (pas du tout) l’attrait des chiffres, j’ai arrêté de penser au ratio et je me suis posée. Au bout du compte, je m’étais un peu précipitée, et je suis rassurée de vous dire qu’il y a beaucoup plus de femmes dans mes oreilles que je ne croyais. Je vous laisse recompter, enfin écouter surtout.

Ophélie Baron
Photo: Damien AA
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Luikster The Word Radio

We Were Lucky. Luikster with Chance.

Ce jeudi, l’invité de notre mensuelle Luikster à The Word Radio, c’était Antoine Chance, un artiste bruxellois qui écrit des chansons en français (mais pas que) et un garçon très rigolo dans la vraie vie.

Chez Luik, on a rencontré Antoine Chance via Nicolas (du groupe Wuman, dont on te reparlera bientôt) et depuis lors on essaye de se croiser régulièrement parce qu’on aime bien rigoler et avec lui on rigole beaucoup. Et puis on aime bien parler de chansons aussi. Tu verras avec cette playlist qu’on s’est fait plaisir en diffusant pendant presque deux heures de la « Triste Pop », presque exclusivement.

Ce moment de musique à la radio du Word étant en direct, on n’a pas vraiment d’autre choix que d’écouter vraiment les morceaux proposés par les invités (ou par nous-même quand on est entre nous, ça arrive), et donc on essaye toujours de se faire découvrir des trucs. Et j’avoue, c’est souvent JB qui me fait découvrir les trucs nouveaux, et moi qui lui fait découvrir les vieux machins.

Tu découvriras peut-être aussi des nouvelles musiques avec cette playlist (en tous cas on espère) et pour ma part, Antoine m’a fait découvrir Tōth, Rodrigo Amarante et Adult Jazz, que je ne connaissais pas du tout et qui sont plus cool. Des morceaux encore et toujours dans la tristesse, parce que finalement être triste parfois c’est ça qui nous rend heureux le reste du temps?

Du côté d’Antoine, il m’a dit avoir adoré Juan Wauters, Exsonvaldes et tout l’univers de Nick Diamonds (Islands, The Unicorns, Human Highway…), je ne serai donc pas étonné s’il se réfugie au Canada ou en Uruguay pour composer ses prochaines chansons.

Dernière petite note, j’ai voulu commencer l’émission avec une blague de goût — tu me connais — et c’est Wilco qui ouvre les hostilités avec “We Were Lucky“. Tu auras compris la blague, nous étions avec Chance. Par contre, je n’ai pas pu aller au bout de la blague, je voulais terminer la session avec un Britney Spears, qui elle aussi a une chanson qui s’appelle “Lucky“, mais ce morceau en particulier est assez mauvais (selon moi — alors qu’il y a plein d’autres moments délicieux dans la carrière de Britney mais ils ne s’appellent pas Lucky). Il y a eu aussi un petit morceau inédit de Annabel Lee, See You Naked, qui sortira ce vendredi 21 février. Si tu as écouté l’émission, tu sais.

Le lien de la playlist c’est ici.

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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #5

Alexandra Masset : Liège secret Queen

Alexandra, c’est un peu la meuf à connaître à Liège. D’une façon où d’une autre, tu la croiseras ou tu entendras parler d’elle si tu foules le pavé de la Cité Ardente. Microfestival, Supervue, Ardentes, Playback St Léonard, Carnaval du Nord, elle est de toutes les organisations et de toutes les fêtes. Dans l’ombre pour le public, un vrai pilier en backstage. Nous sommes beaucoup à lui devoir beaucoup. Ha oui, Alex est aussi djette et s’occupe super bien des plantes vertes… On vous sert donc pour ce mois de février une « Fille de Choix » de choix. Merci Alex.

Pour écouter sa playliste, c’est par ici.

Invitation à un roadtrip musical bercé par des morceaux qui m’accompagnent depuis un temps ou qui ont croisé récemment mon chemin sans plus vouloir me quitter. Cette playlist, c’est une partie de moi que je vous dévoile… Bonne route et merci à Luik Music pour ce beau challenge féminin!

Alexandra Masset
Photo : Dominique Houcmant, célèbre Goldo, toujours partout dans tous les bons coups