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Fille de Choix #17

Margaux Bernard: la nouvelle génération est là et elle est féministe

Margaux Bernard est chargée de communication chez Court-Circuit, la fédération des organisations de concert et festival en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 22 mai dernier, elle nous a fait l’honneur de venir parler de son travail à l’occasion de notre label night au Reflektor, merci encore, toi qui aime tant être sous les spotlights. Margaux nous partage un précieux témoignage sur ses débuts et son parcours dans le milieu de la musique, en plus de sa playlist “bordel” pleine de couleurs, de genres et d’influences différentes. Merci Margaux!

LA PLAYLIST DE MARGAUX
Son texte:

Je me souviens tip top du moment où j’ai décidé de bosser dans ce secteur : j’avais 13 ans et j’ai eu ma révélation devant un concert de Moby avec mes parents (notez la petite anecdote et les sorties familiales de qualitey). A cet instant T, je ne savais évidemment pas ce que je voulais faire exactement, mais il fallait que ce soit en rapport avec la musique et le live.

J’ai fait mon petit bout de chemin, arpenté inlassablement les salles, festivals et soirées dans l’espoir de voir des bons concerts et d’étoffer mon CV, et ce n’est qu’à mes 23 ans que mon parcours dévoilera une toute nouvelle lecture. La collègue qui m’encadrait pour un stage me disait : “En tout cas, il faut absolument que tu continues dans la musique. On est vraiment pas assez de nanas”. Et comme si mes oeillères (ou une personnalité beaucoup trop adaptative) tombaient, je m’exclame : “Bordel, mais t’as raison !”

Que ce soit sur scène ou en coulisses, il est (tristement) facile d’énumérer les obstacles pour chacune : pas de sentiment de légitimité, peu de représentation, devoir encore et encore faire ses preuves, être la nana qu’on peut infantiliser… Le tableau n’est pas beau à voir et la liste n’est pas exhaustive. Heureusement, une petite lumière au bout du tunnel depuis quelque temps, des belles initiatives et projets qui se mettent en place, en prenant également en compte l’intersectionnalité. Le combat n’est pas fini, mais il prend définitivement une dimension nouvelle.


Concernant cette playlist, elle est un clin d’oeil à la Margaux ado, celle d’il y a deux semaines ou 3 ans, à mes proches et mes potes qui me permettent chaque jour de découvrir des pépites à faire résonner dans mes cages à miel. A toutes les meufs qui m’accompagnent au quotidien, toutes celles qui manquent (les choix, c’est dur !) et celles à venir. Bienvenue dans ma tête : il y a du vieux, du récent, des surprises, des choix obvious… Bref, j’espère que vous aimez le bordel.

Margaux Bernard
Artistes dans la playlist

with Little Simz, Cibo Matto, Danitsa, Dehd, Nidia, FLOHIO, Brutus, Ossuary, Camilla Sparksss, Chynna, Siouxsie And The Banshees, Kelly Lee Owens, Khruangbin, Candi Staton, Françoise Hardy, Dua Lipa, Coven, おとぼけビ~バ~ - Otoboke Beaver, Cherry Glazerr, FLOWERS, Patti Smith, Monsterra Caballé, The Blessed Madonna, Becca Mancari, Avalon Emerson, Emma-Jean Thackray, M.I.A., Pat Benatar & Neil Giraldo, Sharon Van Etten, Angel Olsen, Jaimie Branch, Nite Fleit, Oktober Lieber, Eartheater, hania rani, Beth Gibbons, Chelsea Wolfe, Acid King, Cocaine Piss, courtney barnett, Santigold, Blondie, Derya Yildirim, Nina Simone, Alabama Shakes, S O R O R, Beach House, Alexandra Savior, Fleetwood Mac, The Velvet Underground, Kaitlyn Aurelia Smith

Tous les mois, une nouvelle curatrice sélectionne une playlist où les artistes féminines sont majoritaires/dominent. Pour qu’elles existent, pour qu’on les découvre, pour se battre contre le sexisme et l’invisibilisation des femmes dans la musique.

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Fille de Choix #16

Myriam Eddaïra: l’expérience du son

Myriam Eddaïra a commencé à travailler en tant qu’assistante puis ingénieure du son dans les studios parisiens en 1995. Sa carrière a d’abord été marquée par des collaborations avec de gros projets artistiques, mais lorsqu’elle a lancé son studio d’Ikken en 2000, elle a fait le choix d’accompagner uniquement des artistes émergent·e·s. Elle enregistre, conseille et accompagne, elle est aussi formatrice, notamment pour la prestigieuse formation d’Issoudun. Cette année, elle a lancé sa chaîne Twitch où elle partage ses connaissances approfondies sur le monde de la musique. Merci Myriam, nous sommes très fier·e·s de te compter parmi nos ami·e·s!

Si vous voulez entendre la voix de Myriam, JB a enregistré avec elle la dernière émission Luik Stories sur la webradio Rstlss

LA PLAYLIST DE MYRIAM, SON TEXTE ⇩

Commencer à travailler dans la musique à la fin du XXe siècle, c’est un rêve de liberté : enregistrer des disques, vivre en écoutant de la musique jour après jour, essayer de mettre un morceau d’âme dans chaque séance.

Travailler dans la musique en tant que femme, c’est le plus souvent être contrainte aux tâches administratives en dehors des carrières de musiciennes fortement genrées (chanteuse, pianiste, flûtiste, violoniste ou harpiste) Mais pas ou si peu ingénieure du son, guitariste, batteuse, bassiste, réalisatrice.

Travailler dans la musique en tant que femme, c’est devoir quotidiennement faire la preuve de ses compétences, inlassablement, jusqu’à l’absurde. 

Travailler dans la musique en tant que femme, c’est être régulièrement infantilisée, perçue comme une ravissante idiote, voire un objet de sexualisation plutôt qu’une collègue exerçant à armes égales.

Travailler dans la musique en tant que femme, c’est devoir se construire une armure et des convictions profondément ancrées pour faire face aux injustices.


Travailler dans la musique en tant que femme, ce n’est pas rose tous les jours, mais c’est avant tout la satisfaction de ne pas laisser passer l’occasion d’enchanter le quotidien. 


Travailler dans la musique entant que femme, au XXIe siècle, c’est le rêve de liberté exaucé et continuer de poursuivre d’autres rêves, plus haut, plus fort.

Myriam Eddaïra

with Ibeyi, Arlo Parks, June Milo, Pelikeon, Awa Ly, Marianne Faithfull, Clams Casino, Imogen Heap, Anna Calvi, Yoko Ono, Alanis Morissette, Sarah Olivier, Kim Gordon, ANNE PACEO, Leïla Martial, Mirjam Skal, Sophie Hunger, Uèle Lamore, Romane Santarelli, An Eagle in your Mind, Luna Silva Music, Annie Lennox, MISIA, Illustre, Luciole, Barbara, DUO Amazone, Mariama, Melanie De Biasio, Flèche Love, Norah Jones, Anoushka Shankar, Laurie Anderson, SCARLET, Findlay, Merryn Jeann, Cat Power, Kate Bush, Patti Smith, Claire Denamur, Suzanne Vega, Ani DiFranco, Nina Simone

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Fille de Choix #15

Souria cheurfi: des mots et des actes

Souria est rédactrice en chef chez VICE Belgium et créatrice de la plateforme Psst Mlle, qui organise des workshops et des événements pour promouvoir et accompagner les artistes se définissant comme féminines. Elle se bat aussi pour une meilleure représentation (représentation tout court?) des personnes racisées dans le monde de la musique. Le travail de Souria est tellement important et inspirant que je n’ai pas envie de prendre trop de place avec mes mots, je préfère vous conseiller de lire les siens en écoutant son excellente sélection.

La playlist de Souria
Son texte:

Psst Mlle est un projet qui réunit quelques-uns de mes plus grands amours : la fête, les rencontres et échanges, le féminisme et la musique. Je parle d’amour, mais je pense que comme beaucoup de femmes, si je me suis tournée vers le féminisme, c’était par nécessité et non par intérêt ou curiosité. Parce que j’avais besoin de comprendre les inégalités, injustices et violences dont j’ai été témoin ou « victime » – je hais ce mot, mais soit.


Le patriarcat contamine absolument tous les aspects de nos vies et rares sont les journées qui s’écoulent sans qu’une parole, un geste ou une vision ne me le rappelle. L’industrie musicale est loin d’être une exception, bien au contraire. Je ne vais pas commencer à déballer des stat’ que vous ne retiendrez pas. Je préfère les mots aux chiffres. Donc je profite de cet espace pour m’adresser à toutes les personnes, et plus particulièrement aux hommes, qui composent cette industrie : vos lineups sont trop masculins, blancs et hétéros ; vos équipes sont trop masculines, blanches et hétéros ; idem pour vos espaces, votre public et vos mentalités. Si vous êtes conscients du problème mais ne faites rien pour le contrer de manière active, vous faites partie du problème.

Souria Cheurfi
ARTISTES dans la playlist

with Zoë McPherson, Afia, Laryssa Kim, FKA twigs, Tirzah, Dua Saleh, Ivy Sole, Sudan Archives, Snoh Aalegra, Yseult, Iliona, Bonnie Banane, REINEL BAKOLE, Greentea Peng, Ana Diaz, Martha Da’ro, Lala &ce, Beatrice Dillon, Aya Metwalli, Meryem Aboulouafa, Fatima Al Qadiri, Deena Abdelwahed, Sara Dziri, Maoupa Mazzocchetti, MC Yallah, MONOMONO, Fleur, Naomie Klaus, Céline Gillain, Hanah, Azo

photo: iliass

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Fille de Choix #14

Gwen PItseys: goûteZ Ses disques !

Dix années de critique musicale et, pour reprendre les mots de Gwen, “environ 25 ans à rôder dans les salles bruxelloises et les festivals en Belgique et à l’étranger.” Une sélection qui vous bottera assurément le cul en ce début d’année laborieux et aussi un texte à lire absolument juste ici. Vive les enculé.e.s !

la playlist 100% féminine de Gwen
Le texte:

Cela m’a pris pas mal de temps avant de comprendre que quelque chose n’allait pas et que ma propre résignation ne risquait pas de faire évoluer les choses. 

À mes débuts, les initiales qui bouclaient mes textes occultaient mon genre et, dans une certaine mesure, faisaient office de protection. Il m’est donc déjà arrivé d’être traitée « d’enculé » sans qu’il ne soit venu à l’esprit de mon interlocuteur qu’il s’adressait en réalité à une « enculée ». 

Lorsque j’ai frappé à la porte de Goûte Mes Disques il y a une bonne dizaine d’années, je ne me suis même pas donné la peine de compter le nombre de collaboratrices dans l’équipe. Cela me paraissait normal que le terrain soit en grande majorité occupé par des hommes et j’acceptais cet état de fait, surtout s’agissant d’aborder des genres musicaux chargés en testostérone.

C’était d’ailleurs normal de compter sur ses dix doigts le nombre de filles présentes à un concert plus bruyant que la moyenne. C’était normal de se coller le long des murs dès que le mosh pit commençait à rouler des pectoraux. C’était normal d’opiner en silence pendant qu’un expert en carton se répandait sur l’œuvre d’un groupe déjà bien connu. Pourquoi l’interrompre alors que l’affaire n’avait jamais été envisagée comme un dialogue ? Et puis c’était normal de s’éloigner pour fuir la main anonyme qui venait d’agripper ton cul dans la foule, cette main sans remords qui t’a contrainte à abandonner la seule place où tu apercevais enfin un bout de scène.


On a tendance (et à raison) à d’abord rendre hommage aux premières de cordée, celles qui ont défriché le terrain à coups de machette en épongeant au mieux, les roulements d’yeux, au pire, les insultes. Aujourd’hui, j’ai envie de saluer toutes ces jeunes femmes que je croise de plus en plus souvent dans les salles. Elles ont dix, quinze, vingt ans de moins que moi et n’hésitent pas une seconde à jouer des coudes, au propre comme au figuré. Elles ne s’excusent de rien, s’infiltrent dans les brèches et m’obligent à les rejoindre au milieu de la fosse, quitte à considérer un remplacement de hanche. Je suis impatiente que les mêmes convertissent leur enthousiasme sur papier, qu’elles aient pleinement confiance en la justesse de leurs opinions et partagent sans filtre les pépites qui viendront enrichir nos playlists. Elles me donnent toutes les raisons d’être optimiste.

Luik Stories me fait l’honneur d’ouvrir cette année nouvelle (et d’enterrer la précédente) avec une quarantaine de titres qui tente tant bien que mal de réconcilier les vieilles marmites et la cueillette du jour, le punk à maman, le folk de feu de bois et la techno qui éprouve les cervicales. Je n’ai pas trop l’habitude faire le tri. Le seul point commun entre toutes ces artistes, c’est qu’elles m’accompagnent au quotidien, depuis des années ou depuis quelques heures. Et il en manque tellement…

(J’en profite aussi pour glisser un remerciement à tous les amis/membres du « Royal Penis Club » de Goûte Mes Disques qui ne se sont jamais dérobés à aucune discussion, aussi abrupte soit-elle. Et puis, bien sûr, à Camille N. qui nous a enfin permis d’écrire « rédactrices » au pluriel depuis moins d’un an.)

Gwenn Pitseys
ARTISTES

X Ray Spex / Plasmatics / Amyl and The Sniffers / Cocaine Piss おとぼけビ~バ~ - Otoboke Beaver / Whale / The Distillers / Le Butcherettes / The Mysterines / WITCH FEVER / Billy Nomates / Sloppy Jane / Sleater-Kinney / Sinead O Brien / Fiona Apple / The Beths / St. Vincent / Lido Pimienta / SEVDALIZA / illuminati hotties / Shannon Lay / Anna von Hausswolff Eartheater / Stella Donnelly / Brittany Howard / Pharmakon / LAFAWNDAH / Gazelle Twin / 070 Shake / Sylvie Kreusch / Okay Kaya / Noga Erez / CHAI / The Slits / Karen O/ Sneaks / Phenomenal Handclap Band / Róisín Murphy / Yelle / Charlotte Gainsbourg / Soulwax / The Black Madonna / EMMANUELLE / Sama’ Abdulhadi / Helena Hauff

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Fille de Choix #13

Yveline RUAUD: LABEL MANAGER de la 75e session

La 75, c’est un collectif artistique parisien puissant et volontairement très discret. Sur leur label, des noms comme Sheldon, Népal, Di-meh, Sopico, Georgio… la plupart de la nouvelle scène rap y est passée de près ou de loin. Yveline Ruaud dirige ce label et nous fait l’honneur d’être notre Fille de Choix du mois de décembre. Une playlist qui s’enchaîne parfaitement avec celle sélectionnée par Lola Levent le mois passé… et toujours la force et la puissance des femmes.

webdocu sur la 75 réalisés par Yveline pour radio nova
La playlist D’YVELINE ici, son texte ici

Les playlists, j’ai grandis avec. Adolescente, je passais des heures à copier des morceaux sur des cassettes que mes amies et moi faisions circuler jusqu’à ce que les titres écris au stylo bille en deviennent illisibles. J’adorais en faire, j’adorais en recevoir et, sans que cela soit un choix conscient, les femmes y ont toujours été très présentes. Avant même de pouvoir mettre des mots sur ce sentiment, leur présence était à la fois naturelle et essentielle. Leurs paroles me portaient et me confortaient à chaque instant de ma vie. Alors pour cette playlist, la plus grande difficulté a été de choisir parmi elles.
Des femmes dans la musique, il y en a depuis toujours. Elles sont de plus en plus présentes et de plus en plus visibles, mais font toujours face à des représentations sexistes qui veulent contraindre leur forme d’expression et leur liberté de création. Dans cette playlist j’ai donc naturellement choisis des formes très différentes qui portent chacune une vision, un propos, un cri.

Pour terminer, un petit pas de côté avec un poème de Chika, « Bloom » (https://soundcloud.com/chikaoranika/bloom).

Yveline Ruaud
ARTISTES

Lala &ce, Chynna, Princess Nokia, Zinée, Lava la Rue, Audrey, Portishead, Lex Amor., Liz Phair, Patti Smith, Les Filles de Illighadad, Oumou Sangare, Greentea Peng, Nneka, Simi, OSHUN, Rosalía, MIA, ABRA, Elyanna, 070 Shake, Garbage, Sali, Tinashe, Haviah Mighty, RIMON, PONGO, Lous and the yakuza, CHIKA, Poupie, Arlo Parks, Jenevieve, H.E.R, Aya Nakamura, Meryl, NAO, Mahalia Music, Santigold, Rosa Ree, Yasmine Hamdan, Ami Yerewolo, Nidia, Kelly Lee Owens, Oklou, Ann O’aro, Alice Coltrane Turiyasangitananda, IAMDDB, ANOHNI, Nina Simone

taken by Fiona Forte

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Fille de Choix #12

Lola Levent: d.i.v.a. et guERRIèRE

Pour ce mois de novembre, on vous propose du très lourd et un gros CV difficile à résumer en quelques lignes. Lola Levent est poétesse, écrivaine, manageuse… et derrière un incontournable et précieux compte instagram: d.i.v.a.infos. Diva est un réservoir de ressources et d’informations sur le sexisme dans le monde de la musique. Lola fait aussi partie de change de disque, qui lutte pour l’adoption de mesures législatives concrètes contre les discriminations et violences sexistes (on vous encourage à lire le manifeste). Aussi, son compte instagram beauxraps analyse les liens entre l’art contemporain et le rap et c’est incroyablement intéressant.

Le féminisme, cela s’écoute, cela se lit, cela s’apprend. Ce sont des chiffres, des études, des analyses, des personnes qui ont creusé le sujet et qui nous informent avec justesse. Merci Lola, on t’écoute.

la playlist de lola levent

J’ai imaginé une playlist pour faire découvrir les artistes francophones qui font la musique d’aujourd’hui : les femmes-pluie, les femmes-clowns, les femmes-soie, les femmes-machines, les femmes-piano, les femmes-avions, les femmes-slime… — sans elles le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Lola Levent
ARTISTES

Musique Chienne, Moyen-Âge, Regina Demina, OH MU, Mathilde Fernandez, Fishbach, Mansfield.TYA, Maud Geffray, Safia Clubmed-Schwartz, EYLIA, Mauvais Oeil, Camélia Jordana, Felixita, Jäde, Sabrina Bellaouel, DEVA muse, Angie, Zinée, TAUBA, Pearly, Sali, BabySolo33, Oklou, Prudence, JTM kevin, Chloé Mailly, Lafleyne, Joanna, Yseult

Piqûre de rappel sur le concept ‘Fille De Choix’:

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Fille De Choix #11

Elisabeth debourse: mordre dans le Sexisme

Prenez une plume infatiguable, une curiosité sans bornes, un travail acharné, vous obtiendrez l’un des esprits les plus vifs de notre petit pays. Journaliste musicale d’abord, Elisabeth Debourse est aujourd’hui devenue l’incontournable si l’on veut parler société, manger et aussi féminisme. Du podcast Salade Tout (saison #1 co-réalisée avec Axelle Minne) à sa newsletter hebdomadaire Mordant, il y a encore bien plus que ces deux excellentes raisons de suivre son travail.

Luik est très fier de vous transmettre sa playlist 100% féminine et le texte qui l’accompagne:

LA PLAYLIST ICI, Le texte lÀ ↓

Elles s’appellent Taiwo et Kehinde Lijadu, les Lijadu Sisters. Le duo funk opère entre les années 60 et 80 à l’avant de la scène nigériane, à quelques encablures génétiques et musicale de Fela Kuti, leur cousin éloigné. Elles sont un écho d’Idaban, la troisième plus grande ville du pays, leur timbre de jumelles se superposant à la perfection. En novembre dernier, Kehinde est décédée d’un cancer, rompant le lien de vie, mais aussi politique qui les unissait. « La musique nous a appris à tendre la main et à tenter de changer les choses, socialement, moralement, financièrement, spirituellement et politiquement. Nous chantions ces morceaux parce qu’ils [les politiques] n’écoutaient pas. Nous avions besoin d’écoles, nous avions besoin de routes, nous avions besoin d’eau potable », évoquaient-elles en 2014 à Harlem au micro de la journaliste et DJ Kate Hutchinson. Pour faire entendre leur voix et celles de leur pays, il leur a fallu prendre une place qu’on n’attendait pas d’elles, dans un milieu qui ne voulait pas d’elle. Malgré l’héritage et le cran que Taiwo et Kehinde Lijadu ont laissé dans les mémoires, le rappeur Nas n’a pas jugé utile de les créditer quand il a samplé « Life’s Gone Down Low » en 2006. 

Elles s’appellent Afshana Khan et Razia Sultan, et ce sont leur voix qui me prennent en otage chaque fois que j’écoute « Chala Vahi Des », le deuxième morceau de cette playlist — pas la guitare de Jonny Greenwood, tapie quelque part derrière les percussions et les vagues de l’harmonium. Il faut pourtant creuser la surface des crédits de l’album Junun pour trouver leur nom, quand celui du membre de Radiohead figure partout. Leur invisibilisation pourrait être rapidement balayée par des arguments de notoriété, d’investissement ou de paternité du projet, mais même avec ceux-ci, l’anecdote est un rappel crispant de la réalité musicale dans laquelle nous vivons : bien sûr que les femmes (f/x) sont là, bien sûr qu’elles chantent, qu’elles jouent. Mais pour faire la lumière sur elles et leurs talents, il faut écarter les hommes comme on le ferait dans une foule aux centaines de visages énormes et semblables.

Elle s’appelle Nubya Garcia et a le menton haut, quand elle traverse Londres ou joue de son saxophone. Un instrument avec lequel elle fait corps, elle fait bouche, quand quelques décennies plus tôt sa pratique aurait été jugée vulgaire pour une femme, trop connotée, sale, alors qu’elle en aurait sorti les mêmes longues et puissante litanies. Nubya Garcia joue libre, mieux, elle leade des batteurs, des pianistes, des trompettistes, collabore avec Moses Boyd, Theon Cross et Shabaka Hutchings d’égale à égal. Iel s’appelle Kae Tempest, a sorti trois albums, cinq recueils de poésie, trois pièces de théâtre et un roman. Elle s’appelle Colleen, Cécile Schott de son vrai nom, était professeure jusqu’en 2006 et compose aujourd’hui des boucles superbes à base de viole de gambe, épinette, clarinette, wind chimes, calimba, piano à pouce, accordéon ou encore harmonicon. Elle s’appelle Arlo Parks, une poétesse chantant si justement sa « super sad generation » qu’elle a ravi le cœur des critiques musicaux·les de la BBC dans le classement Sound of 2020, à seulement 20 ans. Elles s’appellent Mélissa Laveaux, Fatima, Charlotte Adigéry, Scarlett O’Hanna, Anika, Yazz Ahmed, Lianne La Havas et sont les artistes qui portent ma colère et mon espoir, celui qu’on ne dérobe plus aux musicien·nes femmes, trans, non-binaires, racisé·es leur chance de créer, de performer et d’être reconnu·e·s.

Elisabeth Debourse
ARTISTES

Colleen, Lidaju Sisters, Afshana Khan, Razia Sultan, Tshegue, Sampa The Great, Sophia Kennedy, Ivy Sole, Greentea Peng, Arlo Parks, Fatima, Apani B., Zara McFarlane, Nubya Garcia, Yazz Ahmed, Emma-Jean Thackray, Ashley Henry, The Blessed Madonna, Charlotte Adigéry, Sophie Hunger, Anika, Peter Kernel, Michelle Gurevich, Khruangbin, Mattiel, Hannah Williams & the Affirmations, Y La Bamba, mélissa laveaux, Girlpool, Haley Heynderickx, Scarlett O’Hanna, Lianne La Havas, Joy Wellboy, SoKo, Kae Tempest

photo: Maurine Toussaint
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Naar Suyu

An exclusive mix for The Word Radio by Maureen (@mrnvdb)

Lance le mix pendant que tu lis:

Si tu veux savoir, y’a une private joke où depuis une paire d’années je dis « ouais j’sors bientôt ma première mixtape NAAR SUYU »… Hé comme quoi, tout finit par arriver.

Le nom de la mixtape signifie « Jus de Grenade » (nar suyu) mais avec 2 A, en hommage au projet NAAR que je trouve incroyable, je t’en parle plus après, car l’envie en substance est la même à mon tout petit niveau : créer des ponts.

Je vais essayer de ne pas t’écrire un bouquin, parce que je ne suis pas spécialiste, mais par contre, bah c’est comme quand la musique démarre, je suis vite emportée. C’est impossible de t’expliquer pourquoi ça me touche tant et que ça me met en transe dès les premières notes. Les tonalités peut-être, les instruments (gros cœur sur le oud !) … Et puis la langue. D’ailleurs j’ai commencé à apprendre l’arabe pour comprendre un peu ce que ça raconte et limiter tant que possible le yaourt quand je chante avec, même s’il n’y a que mon chat pour l’entendre.

J’ai l’impression qu’il y’a 10-15 ans, si tu n’avais pas un réel intérêt pour la musique arabe, ce qui arrivait à tes oreilles ce n’était pas forcement les meilleurs crus du raï et puis quelques classiques comme Fairuz ou un peu plus récemment Rachid Taha, certains morceaux de Dalida aussi. Mais c’est tellement plus vaste ! Surtout ce qui se fait en ce moment, c’est une folie. Peut-être que ça s’explique du fait que n’obtient pas qui veut un visa pour passer les frontières de Schengen et venir jouer en Europe (même si j’ai pu assister à de très beaux concerts).

D’ailleurs c’est probablement par les voyages que ça a commencé à me rentrer dans l’oreille. J’ai passé pas mal de temps au Caire, dans la région d’Agadir et à Tunis surtout. Je vivais chez des potes qui viennent de là et y habitent toujours pour la plupart. On sortait dans les clubs et les cafés-concerts, puis surtout on s’est tapé des heures et des heures de bagnole. Ici quand tu décides d’aller à la mer, c’est une expédition, tu prévois ça des jours à l’avance alors que c’est pas si loin. En Tunisie on se lève le matin, on se dit qu’on irait bien se baigner et on roule trois heures pour arriver à la plage, y rester une bonne heure puis on refait le chemin dans l’autre sens. Bref, ça laisse tout le temps du monde pour se faire écouter de la musique. 

Y’a eu des films aussi comme « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch qui a une bande son incroyable. On y voit d’ailleurs Yasmine Hamdan donner un concert où elle chante le titre Hal [track 9]. Même si je peux avoir une recherche plus active, je pense que ça s’est beaucoup passé au petit bonheur la chance. Comme lors de mes pérégrinations sur Soundcloud… en réécoutant le projet Love & Revenge [track 16] de Rayess Bek et La Mirza – lui remix des classiques de la musique arabe pendant qu’elle fait du VJing avec des extraits de films issus de l’âge d’Or du cinéma Egyptien, une folie !  – après être allée les voir en live sur les bons conseils d’un ami, je passe le reco en reco et c’est comme ça que je suis tombée sur Hello Psychaleppo [track 7]. Boom, explosion de cerveau. Bref à un moment les différents algorithmes font leur taf.

Mais c’est aussi le cas IRL, quand je vais chez Balades Sonores, ils ont un bac qui s’appelle « de Tanger à Beyrouth », souvent je me laisse guider par le design de la pochette et puis j’ai de belles surprises comme avec Alif [track 22] et l’album « Aynama-Rtama ». Et bien sûr, il y a des artistes comme Acid Arab [track21] qui ont clairement joué un rôle, ou bien même ici à Bruxelles, Gan Gah qui fait des trucs de fou. Je me souviens avoir saigné un mix qu’il avait fait il y’a 4 ans pour LowUp Radio.

Et un jour je tombe sur le morceau Money Call [track 20] qui annonce le projet NAAR… Le son me met une grosse claque et à la réal du formidable clip qui l’accompagne, on retrouve le nom de Ilyes Griyeb. Il avait co-signé un an plutôt un article qui avait retenu mon attention, intitulé « Et si on laissait enfin les artistes arabes raconter eux-mêmes leur(s) histoire(s) ? » dans lequel il dénonce le plagiat et l’utilisation par des artistes occidentaux de tous bords de l’esthétique arabe sans jamais promouvoir les talents créatifs de ces pays. Cette tribune a donné naissance à une idée, qui est devenue un collectif puis une plateforme pour enfin aboutir sur l’un des albums que j’ai dû le plus écouter en 2019 : Safar (voyage en français). Un projet ultra ambitieux qui regroupe 11 artistes marocains et 19 artistes européens et nord-américains tout en gardant sa cohérence du premier au seizième titre. Une matérialisation concentrée du talent et du savoir-faire de la scène maghrébine pour enfin partir à la conquête du monde entier. (Making of l’album)

Je me suis un peu étendue sur le sujet mais ça en vaut vraiment la peine. Franchement c’est propre ! La trap est internationale, le darija (dialecte marocain) est local et ça tabasse. Pour voir à quel point les gars sont prêts – sans déconner, ça fait des années qu’ils cherchent les meilleures façons de faire sonner les mots, à taffer leur flow, la technique… – et à quel point ils en veulent, je vous conseille le docu Wa Drari qui retrace le parcours de Shayfeen (duo très actif dans le collectif NAAR)

Je vais clôturer sur deux autres reco de docu en lien avec la musique arabe :

Pendant le confinement j’ai enfin regardé El Gusto de Safinez Bousbia. Ça parle de la musique chaâbi, une musique populaire inventée au milieu des années 20 au cœur de la Casbah d’Alger et qui « fait oublier la misère, la faim, la soif » tout en rassemblant juifs et musulmans pendant des années au sein du même orchestre jusqu’à la guerre et ses bouleversements. Je spoile pas plus mais ça m’a mis la larme.

D’Alger on part pour Le Caire et on passe du Chaâbi à l’électro Chaâbi avec le docu du même nom réalisé par Hind Meddeb. Victime de la corruption et de la ségrégation sociale, la jeunesse des quartiers populaires exorcise en faisant la fête. L’idée : fusionner les sons et les styles de manière chaotique. Un seul mot d’ordre : foutre le bordel ! Donc forcément, j’aime bien.

Bon je vais m’arrêter ici mais comme je disais au début, je suis loin de tout connaître et on n’a jamais fini d’en faire le tour alors si vous avez des suggestions, faites pleuvoir dans les DM. Bonne écoute.

Ah oui et voilà la tracklist:

  1. Rim Banna – my songs will sound from the squares (ft. Checkpoint 303 & Bugge Wesseltoft)
  2. Band فئران تجارب – ملفات 
  3. Carl Gari & Abdullah Miniawy – Darraje
  4. Mauvais oeil – Afrita
  5. Majed Alesa – Lehe
  6. Deena Abdelwahed – Tawa
  7. Hello Psychaleppo – Tarab Dub
  8. Ammar 808 – Ain Essouda (ft. Cheb Hassen Tej)
  9. Yasmine Hamdan – Hal
  10. Bachar Mar Khalifé – El Hilwatu (Sama’ Remix)
  11. Ibrahim Maalouf – Elephant’s Tooth
  12. Yussef Kamaal – Strings of Light
  13. Jerusalem in my Heart – A Granular Buzuk
  14. Oiseaux-Tempête – Bab Sharqi
  15. The Gaslamp Killer – Nissim (ft. Amir Yaghmai)
  16. Love & Revenge – Batwaness Bik
  17. A-Wa – Habib Galbi
  18. El 3ou – Koullech
  19. Felix Snow & El Rass – Ali
  20. NAAR (Shobee, Laylow & Madd) – Money Call
  21. Acid Arab – La Hafla (ft. Sofiane Saidi)
  22. Alif – Dars min Kama Sutra
  23. Mashrou’Leila – Maghawir
  24. Taxi Kebab – Lmchi w Rjou3
  25. SoapKill – Tango
  26. EMEL – Kaddesh (Ash Koosha Rework)
  27. Sevdaliza – Gole Bi Goldoom
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #10

Girls go BOOM : Girls putting girls on stage

Girls go BOOM is a flemish feminist collective. Way before SCIVIAS, they had already given themselves the mission of fighting for women to have a better representation in music, mainly in the punk/alternative scene. They organize gigs with female bands, but also talks, workshops, debates… all of that in the purpose of seeing more girls on stage, in front of the stage, or working behind the stage, and hoping to create a vertuous circle where girls can inspire girls to take up more space and finally own the musical landscape. Follow what they do on Facebook, and don’t forget to lead a little fight of your own everyday…

What we see in the music industry today is sadly very much a mirror on what’s happening in the rest of society. We live in a patriarchal system where certain structures are in order to keep almost all the power in the hands of rich, straight, white, cis men. And even though women are half of the world’s population, in music as in greater society we are a minority. Because we have a smaller share of this stupid power thing. There aren’t only a few women on stage, but also in the (sometimes smelly, sometimes fancy) backstage. Most of the people in the industry are men. That means bookers, managers, artistic directors, sound technicians, record label owners,… Except in communication jobs – cause you know where so good in things like talking and writing and stuff – the whole music industry is super male dominated (ironically, they never let us speak though). Could the fact that it’s almost always men deciding who gets on stage be a reason why we see so few female artists? Hmmm, my spider woman sense says yes.

Throughout history the public sphere has always belonged to men while women belonged in the private sphere. You did your manly man things outside (war! politics! more war!) while we did our womanly things inside. Just think about the Victorian cliché of the Angel in the House while the husband went out to work, wore a monocle and smoked cigars in the gentlemen’s club. And even though we’re not in the 19th century anymore, we still see that men claim all the space in the public sphere. From minister posts, to speakers on conferences, to CEO positions, to interviews on tv and yes, that spot on the festival stage. Seriously, have you ever noticed that when a woman and a man cross each other on the sidewalk, the woman almost always take a step aside to let the man pass? That’s because men have the privilege to literally take up space.

We need these patriarchal structures dismantled. We need more girls and women taking up space and letting their voices heard. We need to listen to experiences of women and other minorities. Did anyone ever think that we might also like to have pockets in our pants? We do. And you know, things like equal pay and the right to our own bodies of course. We need to rethink what power means and how we deal with it.

There’s too much shit in the world going on for us to only listen to songs of sad boys crying over their broken heart. We need women screaming over a distorted guitar for the right to abortion, we need trans people making beats and rhymes about their experiences, we need ballads from black people on decolonization, we need folk songs on how capitalism is fucking up the climate and we need to sing/chant/carol/shout/grunt collectively on how refugees are welcome.

We need more girls to the front. We need our non-binary and trans friends up there with us. We need more male allies and we need to work on the issues women are confronted with at the same time we’re tackling problems dealing with racism, classicism, fatphobia, disabelism, ageism and other form of oppression.

To do so we need to claim space and to make noise. We need to go, ahum, BOOM.

Girls go BOOM
Here is their selection, almost a 100% queer/female.
Witch Fever / © Jeroen Jacobs Photo Projects
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #9

Mélissa Poupart: les oreilles affutées de radio béton

Dans la saga romantique entre Luik Music et la Ferarock, on vous sert en ce mois de juillet la direction d’antenne de Radio Béton à Tours. Le texte précieux de Mélissa sur la visibilité des femmes depuis le coeur d’une radio:

Récupéré in-extrémis, un mail de Juliette – du Label Luik – arrive à mon attention. Elle me propose d’être la curatrice du mois de Juillet pour la playlist “Fille de Choix”, un projet complètement cool et que j’avais découvert il y a quelque mois avec la sélection d’Ophélie de la Férarock, qui met en avant les femmes dans le secteur de la musique : par leur choix de playlisteuses et la contrainte de mettre dans leur playlist au moins 50% de morceaux interprétés/écrits par des artistes féminines. C’est un honneur pour moi d’avoir été choisie. En tant que femme, et encore débutante dans le milieu de la musique (cela ne fait seulement que 3 ans que je suis à la direction d’antenne de Béton) il est toujours difficile pour moi de m’accorder la légitimité de ce genre d’exercice. Toujours difficile d’utiliser sa voix pour dénoncer et défendre des idées. Heureusement je trouve toujours des appuis tremplin pour aller au bout de mes idées. C’est par exemple avec une collègue et amie que j’ai monté une émission 100% (Glaire Witch) qui propose du contenu chaque mois sur des initiatives féministes, des invitées au féminin, des coups de gueule aussi et mais aussi et surtout des morceaux girl power et badass à souhait ! C’est d’abord dans notre playlist que je suis allée piocher pour Luik, jusqu’à ce que ma mémoire me fasse défaut. Alors là, plus qu’une seule solution : respirer un grand coup et plonger dans la discothèque de Radio Béton pour se rafraîchir les idées.

Depuis 2014 et que je fréquente le studio, on en a vu passer des artistes féminines, mais il est vrai qu’elles sont toujours moins nombreuses que les hommes, alors il faut bien chercher. D’autant plus dans le rock, le rap ou l’électro. Pas qu’elles n’existent pas, mais qu’il est plus compliqué pour elles d’arriver jusqu’à nous, nos bacs et donc nos auditeur.ices. Et c’est un vrai problème dans la musique, mais dans d’autres domaines aussi (littérature, cinéma, sciences…). Dans les aides d’accompagnement aux artistes, combien sont-elles à pouvoir en bénéficier ; Sur scène, quel pourcentage homme-femme dans les festivals ou les salles de spectacles ? Alors merci aux initiatives qui se montent pour aider les artistes-musiciennes-autrices-compositrices à se développer, à se produire et à être vue / entendues, merci donc à Luik Music pour ces playlists ‘Fille de Choix’.

Enfin, puisque seulement 50% de femmes dans ma playlist c’est encore trop peu pour mettre la balance à niveau, je vais aller un peu plus loin et frôler les 100% ! Go girls ! Soyez fières, soyez fortes et n’ayez peur de rien !

Mélissa Poupart
La playliste par ici

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