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Annabel Lee: première tournée et apocalypse.

Audrey Marot, lead d’Annabel Lee:

Notre première tournée avait pourtant débuté sous les meilleurs auspices. Vankou nous avait fait un Tetris aux petits oignons, tout rentrait dans ma voiture, alias « le corbillard ». Le soleil brillait, on avait un carton de bières de l’Ermitage dans le coffre, notre date à Lorient était finalement maintenue et on était excités comme des gosses. Nos seules préoccupations ? Faire fonctionner l’écran de l’autoradio et savoir où on allait s’arrêter pour manger.

Arrivée à Saint-Sauvant, date 1: on réceptionne nos disques qui sont arrivés juste à temps, on les écoute, tout est nickel. Accueil de dingue, cadre incroyable, logement à l’hôtel en face du lieu ; le pied.

Date 2, Angers, ça dérape. Hugo, notre batteur, tombe malade. Genre vomissements, fièvre et tout le tralala. Pas pour rigoler. On l’a donc envoyé chez le médecin en s’imaginant déjà faire la date à deux, Vankou et moi. A contre cœur, bien entendu. Good news, pas de coronavirus pour notre nanard national, une petite pharyngite. Hugo puisera dans ses dernières ressources pour faire le concert avec nous, et assurer jusqu’au bout. Trop bien. La salle est pleine, on vend du merch, tout roule.

Le lendemain, on joue à Nantes, date 3, et c’est moi qui ai la crève. J’ai mal à la gorge et ce que j’expectore n’est pas beau à voir. Vankou avait été bien inspiré de m’offrir un sirop aux plantes spécialement pour la voix. « Tiens, cadeau pour ta première tournée, moi ça m’a déjà pas mal sauvé ». On lutte, les conditions ne sont pas au top, mais on tient le coup. Le tenancier du bar a des problèmes avec le voisinage et on doit jouer super bas. Mais il semblerait que le public soit tout de même conquis.

Date 4, direction Rennes. La nuit a été réparatrice et tout le monde va mieux. C’est notre petit Vankou qui a un peu du mal ce jour-là, perturbé par sa nuit rythmée au son des « à l’aide » miaulés par le chat derrière la porte. Arrivés à Rennes, on retrouve la petite Marie. Cidre, galettes complètes, on est bien. « Vous êtes bien, putain ». Direction la salle où on retrouve notre ingé son Nini, les mecs de Galère (Xavier, leur batteur, est aussi ancien batteur d’Annabel Lee, c’est cool de le revoir), c’est la teuf. Une fois de plus, il y a du monde au concert, et on vend du merch. On hallucine un peu, c’est trop cool. Avant de repartir, on a rendez-vous avec Fanny chez Buzztattoo, et on y passe tous les trois, histoire d’immortaliser la tournée.

Date 5, le Galion, Lorient (Charlouze-sur-mer). On est dans la voiture, il pleut, on écoute des chansons tristes, et je pleure sous mes lunettes de soleil. On apprend que tout commence à fermer et que les dates s’annulent à la pelle. On a deux concerts en Belgique deux jours après, et ça semble compromis. On sound check, on dîne, et la salle ne se remplit pas. On est déçus, on se dit que c’est probablement notre dernier concert avant belle lurette. Et puis finalement, le public arrive en masse à 22h, pile à l’heure. Pas de four pour notre première tournée, donc. Un four, c’est quand tu joues devant genre le barman, l’ingé son et le gars qui fait les entrées. (Moi qui étais vierge des tournées, je ne connaissais pas ce terme).

Le lendemain, retour en Belgique. Le chat de J-B, notre hôte, a pissé sur mon écharpe, c’est l’enfer. Après quelques courses aux halles, on prend la route. C’est moi qui fais les premières heures tandis que tout le monde somnole. « Hugo sérieux c’est bizarre ce petit bruit quand j’appuie sur l’accélérateur ». « Non non t’inquiète c’est normal ». « Ouais avec Black Sheep on a déjà eu ça aussi, pas de stress » rétorque Vankou. Deux heures après, on était sur la bande d’arrêt d’urgence avec la voiture en panne. Le fameux corbillard, tu te souviens ? Une dépanneuse plus tard, on se retrouve à poireauter sur le parking de Pont-l’Évêque (comme le fromage), à 3h30 de la Belgique. On est vendredi, il est 17h30, en pleine crise de coronavirus, autant dire que c’est pas gagné, et la meuf de l’assurance en a pas grand-chose à faire. Pas possible d’avoir un véhicule de remplacement, surtout une familiale avec suffisamment de place que pour pouvoir ramener le matos ; la cocotte au bout du fil nous propose de rentrer en train, avec le matos sur les genoux. Heureusement, Jeff le papa de Vankou se dévoue pour venir nous chercher avec sa camionnette. On attend, on va boire un coup dans le troquet du coin, on mange des frites. L’autoradio refonctionne pour la première fois de la semaine, ce bâtard. Jeff arrive tel le messie et on rentre à Mouscron. Tous nos concerts sont annulés jusqu’à nouvel ordre. À la déprime post-tournée s’ajoutent la solitude et la quarantaine, chacun chez soi.

Je viens de recevoir un mail de Denis Tranquille (!!!) le garagiste chez qui on a laissé ma voiture à Pont-l’Évêque :

Bonjour,

Nous sommes fermés depuis hier, votre véhicule peut être récupéré après la fin du confinement. Désolé pour le dérangement.

Cordialement.

Notre premier album “Let the kid go” est sorti ce vendredi 20 mars. J’ai fait un petit live en solo depuis la maison, histoire de marquer un peu le coup et de se mettre du baume au coeur.

Revoir le live sur la chaîne Twitch de Luik
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LP Releases

Rince-Doigt, ‘Croisière annulée’: on devait vous le ressortir maintenant.

Depuis quelques jours, nous fonctionnons au ralenti, et on en profite pour vous ressortir quelques pépites des archives de Luik. Vu la période d’urgence sanitaire et d’annulations partout, on ne peut que commencer par Rince-Doigt (pas mal) et son LP ‘Croisière annulée’ (excellent).

Rince-Doigt et Lysistrata (oui, encore eux)

Rince-Doigt, c’est un groupe de math-rock/post-rock qui a sorti son album ‘Croisière Annulée’ en 2017 sur Luik Music (encore Luik Records à l’époque). Martin, le batteur, a rapidement du quitter le groupe pour ses autres projets musicaux (Glass Museum notamment). C’en était donc fini, car à deux c’était pas à trois et à trois c’était Rince-Doigt. Un album super bien reçu, une première tournée pour les adieux, déjà. One-shot gagnant qui reste un peu magique et un album à se ré-écouter sagement chez soi. Il nous reste quelques beaux vinyles au fond de nos armoires. Si tu devines ce que c’est sur la pochette, on t’en offre un…

photo: Diego Andrés Moscoso

Tracklist:

  1. Plage 1
  2. Tour De Force
  3. Balle De Match
  4. Francorchamps
  5. Le Fil Rouge
  6. Dirk Frimout
  7. Destination Cosmos
  8. Monoi Monoi
‘Croisière annulée’

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Releases Videos

“Ashamed” de Endz, la naissance du single.

Fabrice Detry de Endz vous raconte le tournage de ashamed. l’album ‘HARMED’ sort ce vendredi 13, pré-commande!

Ashamed
A castle made of sand in Korea
Donald meeting Kim diarrhea

L’envie de donner son avis, sur tout, sur rien, sans arrêt. Voilà l’idée derrière Ashamed, notre dernier single. Pour une fois, nous allons laisser parler le troll qui sommeille en nous. Rendez-vous à l’area 42 en ce matin d’avril, pour peaufiner notre hymne à la vacuité. La musique est prête. Un chanson pop à la reverb garage, ostensiblement répétitive et chantée sans chichi, sur un ton limite cartmannien. Le plan, c’est de recréer le bourdon lancinant que l’on ressent à la lecture d’un newsfeed mal calibré, et d’imiter notre tonton Jackie, ou Raymond Calbuth, qui organise le monde depuis son canapé. Tout fout le camp, on vous le dit nous !

Avec Endz, il nous arrive d’écrire à trois. Ca fait bizarre, mais ça paie. Enfin, ça ne paie pas vraiment. Bref, on est toujours un peu gênés au début, de s’asseoir tels des gentils garçons pour écrire collégialement un texte. Mais c’est ça qu’est cool avec Endz. On laisse tomber notre vieil ego décati pour se poser en équipe. Là, nos cerveaux encore embués de la veille ne voient pas d’inconvénient à coucher les croustis qui apparaissent sur nos smartphones : Yvette Horner nous a quittés, Donald Trump a vu deux Kim, l’une Kardashian, l’autre Jong-Un. « Comme quoi, avoir des gros seins, ça aide », intervient un habitué des bas de page. En ce matin d’avril également, Kanye adore être bipolaire. Un prêtre s’est fait raccourcir dans son église et les Américains ne savent toujours pas qui est Johnny « Holiday ». Ashamed, ashamed, ashamed. C’est vrai ça, c’est honteux !

En plein coeur du mois de février, nous avons l’idée un peu folle d’écrire, tourner et monter un clip en quelques jours pour ce single. Il n’y a peut-être plus de sous dans la musique, mais les musiciens ont toujours… leur bande. Rendons ici hommage à tous ceux qui répondent présents avant même que nous sollicitions leur aide : Yasmina, Matthieu, Antoine, Val, Charlotte, Piet, Jill, Céline et tous les autres. Sans eux, pas de clip, nada, rien.

Et bisous à nos nouveaux labels, Luik Music et Finalistes : Juliette, Damien, Simon, JB, Nathan et les autres qu’on oublie. Ca fait du bien de se sentir accueillis et épaulés par une nouvelle famille. Sans vous, le monde serait  plus vilain. Vous n’êtes pas très raisonnables de sortir des disques en 2020, laissez-nous quand même vous le dire !

Allez c’est l’heure d’aller promener notre méchant troll dans un clip. L’acteur, c’est Antoine Plaisant, rappelez-vous de ce nom. Antoine Plaisant, dit « Plaisant », dit Mr Fox. En vrai, il est sympa comme tout !

Pré-commande ‘Harmed’ / Stream ‘Ashamed’ / Tickets release party Botanique

++ d’histoires de tournage et de gens nus: Annabel Lee ‘See You Naked’

++ de frites: Alaska Gold Rush sur le tournage de ‘Camouflage’

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Together

Simon Beaudoux: Ma Belgique, de Nameless à ENDZ.

Les histoires avec Simon, elles commencent quand on est encore pas vraiment des adultes. On était une bande de jeunes, rassemblés autours de nos premières bribes de musique. Il y avait Loïc (Endz) et son premier groupe De Profundis, c’était ma première rencontre avec le “rock indé belge” en 1997 — il devait y avoir aussi Moxie et Sharko, à l’époque. Et puis Alex (Dour Festival) qui avait monté le premier webzine musical francophone “Nameless”, pour lequel je m’étais essayé à écrire deux ou trois trucs à propos de, sans doute, Mogwai et/ou je ne sais plus trop quoi. C’est comme ça que j’ai croisé Simon, de Exsonvaldes à Finalistes. Voilà son histoire.
Alex Stevens et Simon Beaudoux

En 1998 je ne suis même pas majeur, mais déjà fan de rock belge. Je prends le Thalys pour aller enregistrer quelques reprises de Zita Swoon à Sprimont, avec Alex Stevens, qui a créé le webzine Nameless, dans lequel j’écris parfois.

Je me souviens lui dire que je trouve “The Ideal Crash” de dEUS super. Il me dit que dEUS, c’était mieux avant.

Je repars à Paris avec le minidisc d’un super album. C’est “45 minutes”, de Flexa Lyndo. Je me souviens de plusieurs concerts de Flexa Lyndo à Paris. En particulier un, à la Guinguette Pirate, quelques jours avant le 11 septembre 2001. Je fais la connaissance de Loïc, le chanteur.

Loïc Bodson, guitare/voix de Endz par Gael de Flexa Lyndo

Je me souviens des premières parties de Flexa Lyndo avec mon groupe Exsonvaldes. A Lille, à Rouen, à Nancy, à Paris. Loic, ou Alex, me présente aussi Thomas, qui est à l’époque batteur de Venus. Et qui viendra nous aider sur une résidence d’Exsonvaldes, à Roubaix. Personne ne le sait encore (sauf lui, peut-être) mais il sortira longtemps après un disque magnifique sous le nom Cabane.

Je me souviens des 5 ans du webzine Nameless à l’Escalier, à Liège. Nous jouons avec Exsonvaldes. Il y a aussi Discochoc, premier groupe de Damien de It It Anita et Luik Music (Damien fera bien des années plus tard la pochette de notre album “Lights”). Il y a aussi Girls in Hawaii, avec qui nous avons déjà joué à la Soundstation, grâce à Anthony, et dont nous ferons ensuite plusieurs premières parties en France et en Belgique, croisant à nouveau Flexa Lyndo, ou Austin Lace.

Je me souviens du concert de Pinback à la Soundstation. De la fête de Venus à l’AB pour la fin de leur tournée. 

Je me souviens des compilations JauneOrange. Du festival de Dour avec Greg et Benoît. Et de Braine-L’Alleud.

Je me souviens du marché aux puces de Bruxelles, un matin après avoir dormi chez Lionel.

Je me souviens d’une reprise de “Love is a better way to travel”, tube perdu de Girls in Hawaii.

Je me souviens de Denis.

Je me souviens du vin du Loir-et-Cher bu à Liège avec Alex et Elena. Du CU Festival et de l’album bleu de Weezer joué en intégralité.

Je me souviens de la promo de “Lights” à Bruxelles. En interview, la journaliste de La Dernière Heure a fait une comparaison très flatteuse entre les textes de l’album et “La Route”, de Cormac McCarthy. Je me souviens que l’interview n’est jamais parue.

Je me souviens d’un bar à Namur, d’une discussion sur Michael Jackson. De l’anniversaire d’Alex à Liège avec Karkwa, et d’un concert à Bruxelles avec Loïc et Kevin. Et du Poulicroc. Du Brussel Summer Festival. 

Je me souviens du premier album de ENDZ, et d’un concert à l’Olympic, avec Fred.

Exsonvaldes à Liège par Mathieu Drouet
Damien Aresta, guitare/voix de It It Anita, label manager de Luik Music
BOX’SON à Jarville La Malgrange par Gael de Flexa Lyndo
Exsonvaldes au Brussel Summer Festival

Je me souviens que pour toutes ces raisons, quand Loïc, Fabrice, Kevin, Damien et Jean-Baptiste ont proposé que Luik et Finalistes s’associent pour sortir le deuxième album de ENDZ, j’ai trouvé que c’était une idée géniale.

“Harmed” sort ce vendredi 13 mars. Le groupe présentera ce nouvel album au Botanique de Bruxelles le 18 mars et au 1999 de Paris le 9 avril.

Pour acheter ou écouter l’album c’est ici et voilà le clip de “Ashamed” réalisé par Mathieu Frances (Ennemi Public).

Tu peux lire ici une autre histoire d’amour de la musique racontée par Max Roy de Lysistrata: la création du label Grabuge Records.

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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #6

Ophélie Baron: badass de l’ombre.

Ophélie, c’est une femme forte qu’on a rencontré à l’Eurosonic en janvier 2020. Elle est responsable des partenariats pour le réseau des radios Ferarock (26 en tout). Elle est celle qui centralise, consolide, uni les équipes, elle sort les radios de leurs studios. Luik Music et la Fera c’est une histoire faite pour durer, solide comme le béton, et d’ailleurs radio Béton (à Tours) c’est là où notre JB a fait ses armes avant de se faire happer à Liège par Luik. Ophélie est féministe, comme nous, et nous a dit que le mot “fille” de “fille de choix” c’était un peu condescendant. On lui a dit que c’était surtout pour le jeu de mot avec “fille de joie”, elle a rigolé puis elle a dit oui.

Voilà sa playliste à base de FEMMES, appréciez au max.

Dès qu’ils me l’ont proposé, j’ai dit un grand oui, et un merci à la Luikteam parce que j’ai trouvé l’idée beaucoup trop cool : Le but du jeu, 50-50 groupes de nanas et de mecs à mettre dans ma playlist. Dans un élan de féministe rebelle je me suis dit « mais f**k la gent masculine, je fais un 100% de nanas carrément ?! » Contente, je commence à m’y mettre. Direct j’ai repensé aux derniers concerts cools que j’ai vus et à certains de mes groupes fétiches… Je me rends compte très vite que la plupart sont des mecs (déception et prise de conscience en même temps) je déchante, faut dire que je ne suis pas aidée par la prédominance masculine dans le rock et ses dérivés garage, psyché (qui font la plupart de mes sorties concerts la semaine..) Je suis révoltée mais raisonnée en me disant qu’un 60-40 sera plus réaliste.. Bon et comme j’ai pas trop (pas du tout) l’attrait des chiffres, j’ai arrêté de penser au ratio et je me suis posée. Au bout du compte, je m’étais un peu précipitée, et je suis rassurée de vous dire qu’il y a beaucoup plus de femmes dans mes oreilles que je ne croyais. Je vous laisse recompter, enfin écouter surtout.

Ophélie Baron
Photo: Damien AA
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Grabuge: on est toujours mieux servi par quelqu’un qui nous aime.

Max Roy, c’est la basse et Une des voix de Lysistrata (math-rock, post-rock, post un peu de tout, et surtout putain de génial). Leur dernier album “Breathe In/Out” est sorti en octobre 2019 sur Vicious Circle, Luik Music ET Grand Hotel Van Cleef. toutes ces histoires d’amour ont fini par donner naissance à leur propre label: grabuge. max vous raconte. longue vie au rock indépendant.
Grabuge Records Illustré

C’est en écrivant cette petite histoire dans le train que je me rends compte que Grabuge Records a déjà 1 an, c’était le 1er Février 2019. 1 an c’est le temps qu’on a mis à se décider pour monter le label. On a hésité. Ne voulant pas se lancer dans quelque choses de compliqué, nous voulions juste aider des groupes comme on pouvait avec nos contacts et sortir des disques quand les groupes n’avaient pas de label. Trouver des dates quand ils n’ont pas de tourneurs et les aider à trouver des gens bienveillants pour les accompagner sont aussi le but de Grabuge.

Flipper x Eurosonic 2018 avec Damien

Nous avions été très touchés par l’aide de Blandine Tissot Rosset à l’époque de L’Ogre Rouge (big love) ou de Damien avec Luik Records qui nous ont beaucoup aidé au début de Lysistrata. Ce sont des gens magnifiques qui donnent, créent et partagent de l’amour en permanence.

L’idée a germé au Festival Détonation à La Rodia (Besançon). C’est dans ce festival qu’on a découvert le groupe Truckks et c’était complètement fou ce soir là. Ils jouaient sur la scène du Vladkistan ; scène à même le sol, caisson de basse dans une poubelle, des cris et du pogo.

Suite à ce live, nous les avons invité à notre release party à Bordeaux en Novembre 2017. Ça a très vite collé entre nous, autant humainement que musicalement. En concert c’était comme un mélange d’honnêteté et de violence. C’est rare de voir des jeunes de 17 ans de moyenne d’âge qui te crachent à la gueule les vérités du monde moderne. Nous avons fait le tour des labels et bookeurs que nous connaissions et personne ne semblait motivé pour les aider. C’est à peu près à ce moment la que dans le camion on s’est dit « Sortons leur disque ! » Et voilà le travail ! 

Moulin de Brainans avec les Truckks

Chaque sortie est un coup de coeur. Moloch/Monolyth sont arrivés sans prévenir avec un commentaires sur f***book disant que leur dernier album était stocké dans un disque dur depuis trop longtemps. Quand notre album fut sorti, nous les avons aussi invité (avec Truckks) à L’Iboat en 2017, c’était la fête. 

Notre dernière sortie est « Point Fingers » de The Guru Guru. On les sort en collaboration avec les amours de Luik Records d’ailleurs.  Quand The Guru Guru nous a demandé de sortir leur disque, nous étions vraiment étonnés car nous ne nous connaissions pas vraiment et on avait l’impression d’être encore un trop petit label pour sortir ce genre d’album ; peut être la peur de ne pas être à la hauteur. Nous avions déjà entendu des morceaux de l’album car nous avions joué avec eux à L’Atelier 210 à Bruxelles. C’était vraiment la grosse claque.

Pour ce qui est de la suite, nous sommes en plein dedans. Des choses pointent le bout de leur nez et on a vraiment hâte !

On est toujours mieux servi par quelqu’un qui nous aime.

Si vous n’avez pas encore été frappé par la foudre (voir Lysis en live) écoutez le grand patron de Vicious Circle VOUs mettre l’eau à la bouche.

++ de rock, de pogo, de teuf : notre fête au Petit Bain, comment It It Anita m’a e*luiké

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“See You Naked” d’Annabel Lee, les backstages du tournage.

“See You Naked” est le deuxième single tiré de l’album “Let The Kid Go” qui sortira le 20 mars 2020 sur Luik Music. Pour marquer le coup et célébrer ce clip dont on est très fier, Audrey vous parle de comment on en arrive à boire des bières à poil sur un tournage. Tu peux aussi déjà pré-commander ton vinyle rien qu’à toi à partir d’aujourd’hui!

Audrey Marot, lead d’Annabel Lee:

À la base, on partait sur un clip pour le morceau Astronaut, track d’ouverture de notre nouvel album, « Let The Kid Go ». On avait même contacté Dirk Frimout, et il nous avait même répondu. Il n’était pas vraiment chaud à participer au tournage, mais il nous souhaitait bonne chance avec Annabel Lee. Avec Alex, on séchait un peu niveau « quoi et comment » pour ce clip. Et puis il a eu l’idée de clipper « See you naked », avec des gens tout nus. Simple, basique.

©Mat Gol

Niveau costumes, c’était l’idéal, ça n’allait pas nous coûter trop cher, contrairement à ce putain de costume d’astronaute. Après, il fallait trouver les figurants. J’en ai eu certains à l’usure, à coups de « si si je te jure ça va bien donner », tandis que d’autres ont plutôt vu ça comme un défi personnel. Et puis il y a ceux qui ont traversé la Belgique en train pour se mettre à poil sur deux scènes et faire la vaisselle, les vieux amis d’enfance. Sans parler de Juju, la « euse », qui à la base devait juste venir maquiller quelques figurants, qui au final en a vu passer une trentaine, et puis qui surtout s’est elle-même retrouvée nue sur un escalier en marbre avec de parfaites inconnues.

©Mat Gol

Se mettre à poil devant les autres, c’est pas rien, et moi-même je redoutais un peu le moment où ça allait être mon tour. Mais en fait, il y avait tellement une bonne ambiance sur le tournage que se désaper devant tout le monde, au beau milieu de la pièce, était maintenant banal. La bienveillance et la confiance régnaient. Tout le monde se baladait de scène en scène à moitié à poil en buvant des Jupiler, et tout ça était devenu tout à fait normal. Tout le monde y est passé, sauf Mat Gol, mais il a encore fait des super clichés alors on lui pardonne.

©Mat Gol

Un grand merci à Charlotte, à Florian et dikke merci à Alex, qui a encore fait preuve d’une patience et d’un professionnalisme hors pair. Alex, personne n’efface des couilles qui dépassent aussi bien que toi, vivement le prochain.
J’ai fini d’écrire ces lignes et mon café est super froid. Le café, il est toujours soit trop chaud, soit trop froid, j’arrive jamais à le capter au bon moment.

>> Ici tu peux pré-commander, streamer Annabel Lee

>> Tu veux encore une histoire de tournage? Alaska Gold Rush sur le tournage de ‘Camouflage’

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Luik Music x Fauchage Collectif. Birthday au Petit Bain à Paris.

On l’a fait! Notre soirée parisienne avec du rock, du/des punk, du gâteau, des pogos, de l’amour avec un grand A. La soirée n’avait même pas commencé qu’on était déjà triste qu’elle se termine. Il y a des moments comme ça où l’on préfèrerait que les minutes s’écoulent à l’envers.

Cette soirée Luik x Fauchage c’était une en fait une grosse colonie de vacances mais pour adultes, sur un bateau, pendant une nuit et les effets secondaires qui vont avec. Mais c’est aussi la preuve qu’on peut faire des choses chouettes dans la musique en créant des rencontres, avec des groupes et des gens déments. Je me rappelle l’émotion que j’ai ressenti devant Angle Mort & Clignotant qui nous font confiance depuis un bail et de les voir jouer ce soir là devant une foule (très vite) conquise alors qu’on a connu les caves à (moins de) 30 personnes ensemble c’était très fort. Je retiens surtout cette foule qui s’agitait non stop, sans débordement pour autant et qui était là juste pour kiffer un max et aussi cette phrase qu’on m’a sorti ce soir là « putain c’est génial mais vous êtes vraiment complètement taré.e.s » bah ouais mon gars.

Léa de Fauchage

On a investi le Petit Bain de manière très naturelle. Si Paris n’est pas toujours une ville qui paraît simple et accessible, cette petite grande péniche t’adopte immédiatement et t’offre une vue imprenable sur le AccorHotel Arena. En plus, les gens de Fauchage nous ont tout de suite mis à l’aise, c’était comme se regarder dans un miroir. À peine arrivé, on est allé au Franprix vider leur stock de Kro pour remplir nos loges, et ce petit magasin, croyez-nous, c’est un peu the place to be. À deux pas du pont d’Inception, des meufs trop sympas, on a même mangé une crêpe et bu du cidre avec Yvette. Big up Franprix de Bercy.

Backstage toilettes

Le top départ c’était Léa et Damien (les PDG) qui soufflent les bougies sur 5 années de vie pour la musique des autres. JB et moi on mixait dans la Cantine devant personne donc on a tout raté sauf la photo de groupe, mais je peux imaginer que les gens ont applaudi et un peu crié “whooo” et même peut-être chanté “Joyeux anniversaire”. On a tous mixé, DJ Petty Thug a passé des tubes, et JB SATAN a balancé la sauce dans un set mémorable de 18 minutes avec Léo à 4h du matin. En ce qui concerne les backstages : des bières bues un peu trop vite, des flight cases qui s’accouplent dans le couloir, des autocollants, un cor de chasse.

Bryan / It It Anita

Les concerts étaient dingues, mais surtout, les gens. C’est un sentiment incroyable de faire une salle remplie si loin de chez nous, de sentir que ces groupes qu’on aime reçoivent aussi l’amour de tant d’inconnus. À 5h30 le son se coupait, nous laissant déjà orphelin de cette fête presque trop attendue.

Mss Frnce

Merci Fauchage Collectif pour le gros de l’organisation, recevoir 6 groupes avec des guitares sur une péniche c’est du boulot. Merci à tous nos amis venus de loin, une bonne partie de tous les gens qu’on aime étaient là.
Merci Angle Mort et Clignotant, Casse-gueule, It It Anita, La Jungle, MSS FRNCE et FLOWERS. Merci à l’équipe cool du Petit Bain.

Tu veux encore une belle histoire de fête? On était à l’Eurosonic.

Tu veux de belles histoires autours de It It Anita? Y’en a ici.

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Luikster The Word Radio

We Were Lucky. Luikster with Chance.

Ce jeudi, l’invité de notre mensuelle Luikster à The Word Radio, c’était Antoine Chance, un artiste bruxellois qui écrit des chansons en français (mais pas que) et un garçon très rigolo dans la vraie vie.

Chez Luik, on a rencontré Antoine Chance via Nicolas (du groupe Wuman, dont on te reparlera bientôt) et depuis lors on essaye de se croiser régulièrement parce qu’on aime bien rigoler et avec lui on rigole beaucoup. Et puis on aime bien parler de chansons aussi. Tu verras avec cette playlist qu’on s’est fait plaisir en diffusant pendant presque deux heures de la « Triste Pop », presque exclusivement.

Ce moment de musique à la radio du Word étant en direct, on n’a pas vraiment d’autre choix que d’écouter vraiment les morceaux proposés par les invités (ou par nous-même quand on est entre nous, ça arrive), et donc on essaye toujours de se faire découvrir des trucs. Et j’avoue, c’est souvent JB qui me fait découvrir les trucs nouveaux, et moi qui lui fait découvrir les vieux machins.

Tu découvriras peut-être aussi des nouvelles musiques avec cette playlist (en tous cas on espère) et pour ma part, Antoine m’a fait découvrir Tōth, Rodrigo Amarante et Adult Jazz, que je ne connaissais pas du tout et qui sont plus cool. Des morceaux encore et toujours dans la tristesse, parce que finalement être triste parfois c’est ça qui nous rend heureux le reste du temps?

Du côté d’Antoine, il m’a dit avoir adoré Juan Wauters, Exsonvaldes et tout l’univers de Nick Diamonds (Islands, The Unicorns, Human Highway…), je ne serai donc pas étonné s’il se réfugie au Canada ou en Uruguay pour composer ses prochaines chansons.

Dernière petite note, j’ai voulu commencer l’émission avec une blague de goût — tu me connais — et c’est Wilco qui ouvre les hostilités avec “We Were Lucky“. Tu auras compris la blague, nous étions avec Chance. Par contre, je n’ai pas pu aller au bout de la blague, je voulais terminer la session avec un Britney Spears, qui elle aussi a une chanson qui s’appelle “Lucky“, mais ce morceau en particulier est assez mauvais (selon moi — alors qu’il y a plein d’autres moments délicieux dans la carrière de Britney mais ils ne s’appellent pas Lucky). Il y a eu aussi un petit morceau inédit de Annabel Lee, See You Naked, qui sortira ce vendredi 21 février. Si tu as écouté l’émission, tu sais.

Le lien de la playlist c’est ici.

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Comment It It Anita m’a e*luiké (de France).

Tout commence un vendredi soir à Vendôme aux Rockomotives (big up au passage).

J’étais présent pour représenter Radio Béton (big up 2). Comme cela arrive souvent lors des directs radios, un groupe que je ne connais que depuis quelques heures se retrouve en face de moi pour répondre à mes questions et celles d’un de mes plus vieux camarades de plateau radio (big up Nathan). Donc ce groupe, des Belges, c’était It It Anita. Le stress est palpable de notre côté, mais le calme qu’impose le groupe nous fait forte impression et nous contamine (big up aux pangolins x coronavirus). Quelques heures plus tard, devant la salle (le Minotaure), je souhaite la bonne soirée à un ami venu voir The Do. Et là, la grâce me touche, des échos lointains me font faire demi-tour et je quitte mon pote. Je dis cette phrase: “désolé j’y vais, mais ça sonne comme At the drive in”. Quelques secondes plus tard, je suis devant. Grosse guerre… c’était en 2015 et mon amour pour It It Anita commence.

La vie fait son opprobre et les années passent (seulement trois). À ce moment de ma vie, j’avais accompli un de mes objectifs principaux: arrêter de travailler en radio et me former au milieu de “l’industrie musicale.” Ensuite, hasard du calendrier, je suis en plein dans mon stage de fin d’études dans le cadre des formations d’Issoudun (big up LFI) et j’arrive à négocier ma présence au festival le plus important pour moi (Aucard de Tours) car Sopico (big up la 75e session), que j’accompagne dans le cadre de ce stage, y joue. Et devinez qui d’autre y joue ? It It Anita. Ce n’était pas la première fois que je les revoyais, mais c’était un signe de l’univers (j’aime bien quand on ressent ces moments ou tu te demandes presque si ce n’est pas le Truman Show). Concert de dingue, ambiance joyeusement apocalyptique. La vidéo ici (filmé par Nivek et Ludo <3 ):

Fin de concert, une envie me prend: aller parler au groupe. J’avais compris qu’un label avait été créé par eux (Luik Records, big upcetion) du coup, direction le stand de merchandising. Et là, je sors tout. Que je me forme dans le milieu de la musique, que je me spécialise dans le droit d’auteur, que je veux travailler de la musique qui me parle, que je veux pas aller à Paris, que du coup allez je m’installe à Liège et on fait des trucs avec Luik. Et là Damien me dit qu’il hésite à arrêter notamment parce qu’il est tout seul (il était encore seul à gérer Luik Records, et il ne se contentait pas de défendre It It Anita mais aussi plein d’autres projets cools que vous pouvez découvrir partout ici ou ici ou ). C’était le 9 juin 2018. Le soir même, la décision était prise. Et en septembre, devinez qui commença à dire “oufti”, “poreau” et “nonante” ?

Forcément il fallait que j’en parle dans Luik Stories car j’avoue qu’en 2015 durant les slams, chenilles et battles de break dance (c’était le bordel ce concert), jamais j’aurais cru qu’une telle aventure humaine se profilerait 3 ans plus tard. 

Ca c’est une photo que j’ai prise sur le retour d’Eurosonic. C’est pour dire que la lumière on peut la voir partout, sauf quand on met des lunettes de soleil. Ce qui, je trouve, colle parfaitement à ce que je dis plus haut…

Si tu veux lire comment It It Anita a e*luiké Arnaud, notre booker des Flandres, tu peux lire son histoire ici.