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Luikster The Word Radio

Naar Suyu

An exclusive mix for The Word Radio by Maureen (@mrnvdb)

Lance le mix pendant que tu lis:

Si tu veux savoir, y’a une private joke où depuis une paire d’années je dis « ouais j’sors bientôt ma première mixtape NAAR SUYU »… Hé comme quoi, tout finit par arriver.

Le nom de la mix tape signifie « Jus de Grenade » (nar suyu) mais avec 2 A, en hommage au projet NAAR que je trouve incroyable, je t’en parle plus après, car l’envie en substance est la même à mon tout petit niveau: créer des ponts.

Je vais essayer de ne pas t’écrire un bouquin, parce que je ne suis pas spécialiste, mais par contre, bah c’est comme quand la musique démarre, je suis vite emportée. C’est impossible de t’expliquer pourquoi ça me touche tant et que ça me met en transe dès les premières notes. Les tonalités peut-être, les instruments (gros coeur sur le oud !)… Et puis la langue. D’ailleurs j’ai commencé à apprendre l’arabe pour comprendre un peu ce que ça raconte et limiter tant que possible le yaourt quand je chante avec même s’il n’y a que mon chat pour l’entendre.

J’ai l’impression qu’il y’a 10-15 ans, si tu n’avais pas un réel intérêt pour la musique arabe, ce qui arrivait à tes oreilles c’était pas forcement les meilleurs crus du raï et puis quelques classiques comme Fairuz ou un peu plus récemment Rachid Taha, certains morceaux de Dalida aussi. Mais c’est tellement plus vaste, surtout ce qui se fait en ce moment, c’est une folie. Peut-être que ça s’explique du fait que n’obtient pas qui veut un visa pour passer les frontières de Shengen et venir jouer en Europe (même si j’ai pu assister à de très beaux concerts).

D’ailleurs c’est probablement par les voyages que ça a commencé à me rentrer dans l’oreille. J’ai passé pas mal de temps au Caire, dans la région d’Agadir et à Tunis surtout. Je vivais chez des potes qui viennent de là et y habitent toujours pour la plus part. On sortait dans les clubs et les cafés-concerts, puis surtout on s’est tapé des heures et des heures de bagnole. Ici quand tu décides d’aller à la mer, c’est une expédition, tu prévois ça des jours à l’avance alors que c’est pas si loin. En Tunisie tu te lèves le matins, on se dit qu’on irait bien se baigner et on roule trois heures pour arriver à la plage, y rester une bonne heure puis on refait le chemin dans l’autre sens. Bref, ça laisse tout le temps du monde pour se faire écouter de la musique. 

Y’a eu des films aussi comme « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch qui a une bande son incroyable. On y voit d’ailleurs Yasmine Hamdan donner un concert où elle chante le titre Hal [track 9]. Même si je peux avoir une recherche plus active, je pense que ça s’est beaucoup passé au petit bonheur la chance. Comme lors de mes pérégrinations sur soundcloud… en réécoutant le projet Love & Revenge [track 16] de Rayess Bek et La Mirza – lui remix des classiques de la musique arabe pendant qu’elle fait du VJing avec des extraits de films issus de l’âge d’Or du cinéma Egyptien, une folie !  – après être allée les voir en live sur les bons conseils d’un ami, je passe le reco en reco et c’est comme ça que je suis tombée sur Hello Psychaleppo [track 7]. Boom, explosion de cerveau. Bref à un moment les différents algorithmes font leur taff.

Mais c’est aussi le cas IRL, quand je vais chez Baladez Sonores, ils ont un bac qui s’appelle « de Tanger à Beyrouth », souvent je me laisse guidée par le design de la pochette et puis j’ai de belles surprises comme avec Alif [track 22] et l’album « Aynama-Rtama ». Et bien sur, il y a de artistes comme Acid Arab [track21] qui ont clairement joué un rôle ou ici à Bruxelles il y’a Gan Gah qui fait des trucs de fou. Je me souviens avoir saigné un mix qu’il avait fait il y’a 4 ans pour LowUp Radio.

Et un jour je tombe sur le morceau Money Call [track 20] qui annonce le projet NAAR… le son me met une grosse claque et à la réal du formidable clip qui l’accompagne, on retrouve le nom de Ilyes Griyeb. Il avait co-signé un an plutôt un articles qui avait retenu mon attention intitulé « Et si on laissait enfin les artistes arabes raconter eux-mêmes leur(s) histoire(s) ? » où il dénonce le plagiat et l’utilisation par des artistes occidentaux de tous bords de l’esthétique arabe sans jamais promouvoir les talents créatifs de ces pays. Cette tribune a donné naissance à une idée, qui est devenue un collectif  puis une plateforme pour enfin aboutir sur l’un des albums que j’ai dû le plus écouter en 2019 : Safar (voyage en français). Un projet ultra ambitieux qui regroupe 11 artistes marocains et 19 artistes européens et nord-américains tout en gardant sa cohérence du premier au seizième titre. Une matérialisation concentrée du talent et du savoir faire de la scène maghrébine pour enfin partir à la conquête du monde entier. (Making of l’album)

Je me suis un peu étendue sur le sujet mais ça en vaut vraiment la peine. Franchement c’est propre ! La trap est internationale, le darija (dialecte marocain) est local et ça tabasse. Pour voir à quel point les gars sont prêts – sans déconner, ça fait des années qu’ils cherchent les meilleurs façons de faire sonner les mots, à taffer leur flow, la technique… – et à quel point ils en veulent, j vous conseille le docu Wa Drari qui retrace le parcours de Shayfeen (duo très actif dans le collectif NAAR)

Je vais clôturer sur deux autres reco de docu en lien avec la musique arabe :

Pendant le confinement j’ai enfin regardé El Gusto de Safinez Bousbia. Ça parle de la musique chaâbi, une musique populaire inventée au milieu des années 20 au cœur de la Casbah d’Alger et qui « fait oublier la misère, la faim, la soif » tout en rassemblant juifs et musulmans pendant des années au sein du même orchestre jusqu’à la guerre et ses bouleversements. Je spoil pas plus mais ça m’a mis la larme.

D’Alger on part pour Le Caire et on passe du Chaâbi à l’electro Chaâbi avec le docu du même nom réalisé par Hind Meddeb. Victime de la corruption et de la ségrégation sociale, la jeunesse des quartiers populaires exorcise en faisant la fête. L’idée : fusionner les sons et les styles de manière chaotique. Un seul mot d’ordre : foutre le bordel ! Donc forcement, j’aime bien.

Bon j vais m’arrêter ici mais comme je disais au début, je suis loin de tout connaître et on n’a jamais fini d’en faire le tour alors si vous avez des suggestions, faites pleuvoir dans les DM. Bonne écoute.

Ah oui et voilà la tracklist:

  1. Rim Banna – my songs will sound from the squares (ft. Checkpoint 303 & Bugge Wesseltoft)
  2. Band فئران تجارب – ملفات 
  3. Carl Gari & Abdullah Miniawy – Darraje
  4. Mauvais oeil – Afrita
  5. Majed Alesa – Lehe
  6. Deena Abdelwahed – Tawa
  7. Hello Psychaleppo – Tarab Dub
  8. Ammar 808 – Ain Essouda (ft. Cheb Hassen Tej)
  9. Yasmine Hamdan – Hal
  10. Bachar Mar Khalifé – El Hilwatu (Sama’ Remix)
  11. Ibrahim Maalouf – Elephant’s Tooth
  12. Yussef Kamaal – Strings of Light
  13. Jerusalem in my Heart – A Granular Buzuk
  14. Oiseaux-Tempête – Bab Sharqi
  15. The Gaslamp Killer – Nissim (ft. Amir Yaghmai)
  16. Love & Revenge – Batwaness Bik
  17. A-Wa – Habib Galbi
  18. El 3ou – Koullech
  19. Felix Snow & El Rass – Ali
  20. NAAR (Shobee, Laylow & Madd) – Money Call
  21. Acid Arab – La Hafla (ft. Sofiane Saidi)
  22. Alif – Dars min Kama Sutra
  23. Mashrou’Leila – Maghawir
  24. Taxi Kebab – Lmchi w Rjou3
  25. SoapKill – Tango
  26. EMEL – Kaddesh (Ash Koosha Rework)
  27. Sevdaliza – Gole Bi Goldoom
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The story of Flowers and the making of ‘Island View’

Inside of the gatefold sleeve of Doom City – illustration: Xsullo
Roos, lead of Flowers:

Who would’ve thought that soon after the release of our debut album Doom City the whole world became pretty much a Doom City? A world floored by a virus. People wearing masks. Governments punishing citizens who gather in crowds. An apocalyptic image. And the worst of it all… no more concerts! (hehe)

Right before Covid-19 had hit Europe, we just finished a small tour in France. With a new drummer. Because just after the release of Doom City, the drummer of FLOWERS and one half of the duo, had decided she wanted to leave the project to make space for other things. Luckily Joris Frowein (Rats on Rafts, Lewsberg) wanted to jump in and join me on tour. 

FLOWERS at Le Temps Machine Tours, FR –  Photo: 2ème Rideau Association

There were more shows planned after that, but they all got cancelled due to the virus, like all the live shows for every other performer. We were all stuck in our houses. On our little private islands. Hoping it all will pass soon. Trying to make the best out of it. Trying to use the time as productive as possible. Looking for new routines, things to make, things to learn and things to do. Things you usually never have time for. (I heard so many stories of people exploring unknown territories, sometimes compulsively to not lose control or your mind.)

FLOWERS at Le Petit Bain Paris, FR – Photo: Céline Non

Through the Luik Music Twitch channel I started to do a lot of livestreams, collecting and playing ambient tunes (one of my favourite things to do) while making live drawings. It gave me a weekly routine, which was quite nice, to not go mad or get bored. I started learning more about coding, starting free Harvard courses and learning how to make Instagram face filters. Thinking, maybe things will get to normal at some point. But it didn’t.

After some weeks in these weird Corona times I slowly started to switch from missing playing shows, and waiting for venues to reopen again, to thinking about the future of FLOWERS. What would be something I would want to make next with this project? In a time without shows? And also with a change within the band. In these times I couldn’t do many things, but I could go into the studio alone… So I did.

I started to write some songs again and tried out new things with my guitar. Inspired by bands like Nadja, Sunn o))), other doom metal bands and ambient artists I started experimenting creating ambient drone doom. Just with my voice, my guitar, and some new pedals. I surrounded myself in a gloomy, sensitive, dark, but uprising atmosphere. And I am still in the writing process, but something is growing. I don’t know yet where it will lead me, but I do feel that it will grow from where I ended with Doom City – the ballad: Island View.

And today we’re releasing something special for this song, a visual ode to celebrate the one year anniversary of our debut album. A 360 Island View on a Doom City reality. Made by the magnificent artist Amos Mulder. So excited to share it. Hope you enjoy watching it.

And on top of this, more good news: last week (finally!) I was extremely happy to hear that one of our cancelled and rescheduled shows was actually happening. I was on stage again, after more than six months. Oh man, what a joy. Sharing your music with others, feeling the growl of my guitar, headbanging, listening to other bands live, talking with strangers and friends about music after the show. I feel so grateful this could happen. Hopefully we’ll play some more soon!

Listen to ‘Doom City’ LP by Flowers
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #10

Girls go BOOM : Girls putting girls on stage

Girls go BOOM is a flemish feminist collective. Way before SCIVIAS, they had already given themselves the mission of fighting for women to have a better representation in music, mainly in the punk/alternative scene. They organize gigs with female bands, but also talks, workshops, debates… all of that in the purpose of seeing more girls on stage, in front of the stage, or working behind the stage, and hoping to create a vertuous circle where girls can inspire girls to take up more space and finally own the musical landscape. Follow what they do on Facebook, and don’t forget to lead a little fight of your own everyday…

What we see in the music industry today is sadly very much a mirror on what’s happening in the rest of society. We live in a patriarchal system where certain structures are in order to keep almost all the power in the hands of rich, straight, white, cis men. And even though women are half of the world’s population, in music as in greater society we are a minority. Because we have a smaller share of this stupid power thing. There aren’t only a few women on stage, but also in the (sometimes smelly, sometimes fancy) backstage. Most of the people in the industry are men. That means bookers, managers, artistic directors, sound technicians, record label owners,… Except in communication jobs – cause you know where so good in things like talking and writing and stuff – the whole music industry is super male dominated (ironically, they never let us speak though). Could the fact that it’s almost always men deciding who gets on stage be a reason why we see so few female artists? Hmmm, my spider woman sense says yes.

Throughout history the public sphere has always belonged to men while women belonged in the private sphere. You did your manly man things outside (war! politics! more war!) while we did our womanly things inside. Just think about the Victorian cliché of the Angel in the House while the husband went out to work, wore a monocle and smoked cigars in the gentlemen’s club. And even though we’re not in the 19th century anymore, we still see that men claim all the space in the public sphere. From minister posts, to speakers on conferences, to CEO positions, to interviews on tv and yes, that spot on the festival stage. Seriously, have you ever noticed that when a woman and a man cross each other on the sidewalk, the woman almost always take a step aside to let the man pass? That’s because men have the privilege to literally take up space.

We need these patriarchal structures dismantled. We need more girls and women taking up space and letting their voices heard. We need to listen to experiences of women and other minorities. Did anyone ever think that we might also like to have pockets in our pants? We do. And you know, things like equal pay and the right to our own bodies of course. We need to rethink what power means and how we deal with it.

There’s too much shit in the world going on for us to only listen to songs of sad boys crying over their broken heart. We need women screaming over a distorted guitar for the right to abortion, we need trans people making beats and rhymes about their experiences, we need ballads from black people on decolonization, we need folk songs on how capitalism is fucking up the climate and we need to sing/chant/carol/shout/grunt collectively on how refugees are welcome.

We need more girls to the front. We need our non-binary and trans friends up there with us. We need more male allies and we need to work on the issues women are confronted with at the same time we’re tackling problems dealing with racism, classicism, fatphobia, disabelism, ageism and other form of oppression.

To do so we need to claim space and to make noise. We need to go, ahum, BOOM.

Girls go BOOM
Here is their selection, almost a 100% queer/female.
Witch Fever / © Jeroen Jacobs Photo Projects
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Migration, Europe, Guilt: la création de ‘Missed Shots (مشاعر فوضوية)’ avec Morgan Liesenhoff, réalisatrice.

Vous l’avez loupé, un des clips les plus ambitieux que Luik a sorti cette année? Toute première vidéo du tout premier single du tout nouveau projet de François Custers ‘Guilt‘, ‘Missed Shots (مشاعر فوضوية)’ donne un espace aux personnes immigrées. Morgan Liesenhoff, réalisatrice du clip, raconte l’aventure humaine vécue tout au long du processus de création de ‘Missed Shots’.

Bon je ne vais pas vous mentir, faire ce clip n’était pas une mince affaire.

Tout d’abord parce ce que c’était mon premier clip (je viens plutôt du documentaire) et puis parce que je devais le co-réaliser avec François, aka Guilt, qui se trouve être en fait mon partenaire de vie. Chacun avait à cœur sa mission: rester fidèle aux paroles pour François et rester attentive à la narration qui se dessine à travers les images choisies pour ma part. Finalement, même si on peut tous les deux être assez têtus, on a réussi à s’écouter mutuellement et à produire un résultat qui nous plaît encore plus que si on l’avait fait seuls. 

Je pense que le deuxième challenge, peut-être le plus important, était d’arriver à parler migration et difficulté d’intégration alors que ni François ni moi n’avons vécu ça. On s’est donc dit qu’il fallait impérativement collaborer avec les premiers.es concerné.es.

Nous avons d’abord fait un appel au partage d’images via plusieurs associations et plateformes de soutien aux réfugiés, notamment en Belgique et en Turquie. Notre première volonté était de monter un clip seulement à partir d’images tournées au smartphone par des personnes réfugiées lors de leurs voyage jusqu’en Europe ou d’images de leur quotidien aujourd’hui. 

Malheureusement cette idée s’est avérée un peu naïve car les smartphones sont souvent volés, confisqués ou cassés lors du voyage. Les rares images que l’on retrouve finalement dans le clip sont celles envoyées par Marie Tihon, une talentueuse photographe belge qui couvre, entre autre, les vagues migratoires depuis la Turquie (et dont je vous conseille fortement de découvrir le travail), et par Josoor, une association qui aide les migrants.

Au final, on a changé d’idée en décidant cette fois de mettre en relation des récits de réfugié.es, coincé.es aux portes de l’Europe ou vivant sur le sol européen avec ces plans des bâtiments et statues iconiques du quartier européen à Bruxelles. Par ce contraste, on souhaitait faire naître la réflexion autour du paradoxe de la symbolique portée par ces institutions, le rapport aux valeurs morales, démocratiques et humanitaires qui font la fierté de l’Europe et celles et ceux qui ne demandent qu’à avoir ces valeurs appliquées à eux.elles également. Il était important pour nous de jouer sur la symbolique, la métaphore, en concentrant le regard sur ces personnes dans leur humanité.

En plein confinement Covid, c’était évidemment impossible de nous déplacer en dehors de la Belgique et on a donc pris contact avec notre ami Dimitri Petrovic. Il nous a laissé utiliser des images de son documentaire The Way Back. Dans le film, on suit Hussein, un musicien qui part faire le voyage vers l’Europe qu’il a entrepris cinq ans plus tôt mais à contre sens. Il y emmène avec lui sa femme enceinte qu’il a rencontré en Belgique, pour qu’elle comprenne ce qu’il a traversé. Un très beau documentaire qui nous avait énormément touché.

Pour les images tournées en Belgique et en plein confinement (chut !), on a pu compter sur l’aide de Karam, qui a coécrit la chanson avec François. Né de parents palestiniens réfugiés en Syrie il a dû fuir son pays d’asile pour la Belgique après avoir critiqué le gouvernement de Bachar Al-Assad et rejoint la révolution syrienne. Aujourd’hui il travaille en tant que traducteur interprète pour Médecins Sans Frontières notamment.

Il nous a présenté à des amis réfugiés rencontrés à son arrivée en 2014. Ces rencontres ont été plus fortes les unes que les autres. Toutes leurs histoires étaient uniques et pourtant tous ont vécu l’injustice, le déracinement et bien souvent le rejet de l’Europe. Aujourd’hui ils se reconstruisent loin de leurs familles, de leurs amis. On retrouve en chacun d’eux une force de vivre et de se battre comme rarement on la croise.

C’est celle-ci qu’on a voulu mettre en avant dans le clip de Missed Shots. À travers des moments de vie simples, des regards assurés, parfois durs et confrontant, parfois empreints de douceur. Le clip ne veut pas imposer une histoire mais laisser libre champ à l’interprétation, approcher ces récits et visages pour ce qu’ils sont plutôt que pour ce qu’on en pense. Et laisser, en fermeture, l’appel de Karam Alhindi se déployer dans toute sa force, au travers d’une séquence où il se réapproprie la parole et la caméra.

Morgan Liesenhoff
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Jeremy Walch: sur le tournage de “Surfing” avec Sebal

Dans la grande famille Luik, nous avons la chance de pouvoir compter un bon nombre d’artistes talentueux. Sébastien Alouf a.k.a Sebal c’est vraiment le haut du panier en terme d’amitié, de bonté, de douceur, et de création. On vous parle d’une tête pensante qui comptabilise certainement trois fois plus d’idées à la minute qu’une personne dite “standard”… C’est d’autant plus à propos de vous parler de Sebal maintenant qu’il nous concocte en ce moment-même un clip pour le grand retour d’un groupe qui frétille d’impatience depuis presque deux ans…

En juin 2019, Jeremy Walch sortait son clip pour Surfing, réalisé par Sebal. On vous fait re-découvrir cette pépite, avec quelques bonus.

Le vrai clip
Le faux clip

Le tournage sauvage, c’était une journée ensoleillée à la Côte d’Opale sur la grande plage déserte de Tardinghen.

Une bâche peinte par Arnaud Koole présent sur le tournage pour superviser son utilisation. Envol poétique de la fresque à 1’50”.

Le crew qui a passé une très bonne journée à la mer.

Le morceau “Surfing” fait partie de la tracklist de l’excellent “Scarlet”, l’album de surf pop que Jeremy a pondu en Australie et qu’on vous invite aussi à (ré)-écouter, allez ZOU. Si c’est le gros coup de coeur, le vinyle s’achète ici.

Plus dE SECRETS de tournage
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #9

Mélissa Poupart: les oreilles affutées de radio béton

Dans la saga romantique entre Luik Music et la Ferarock, on vous sert en ce mois de juillet la direction d’antenne de Radio Béton à Tours. Le texte précieux de Mélissa sur la visibilité des femmes depuis le coeur d’une radio:

Récupéré in-extrémis, un mail de Juliette – du Label Luik – arrive à mon attention. Elle me propose d’être la curatrice du mois de Juillet pour la playlist “Fille de Choix”, un projet complètement cool et que j’avais découvert il y a quelque mois avec la sélection d’Ophélie de la Férarock, qui met en avant les femmes dans le secteur de la musique : par leur choix de playlisteuses et la contrainte de mettre dans leur playlist au moins 50% de morceaux interprétés/écrits par des artistes féminines. C’est un honneur pour moi d’avoir été choisie. En tant que femme, et encore débutante dans le milieu de la musique (cela ne fait seulement que 3 ans que je suis à la direction d’antenne de Béton) il est toujours difficile pour moi de m’accorder la légitimité de ce genre d’exercice. Toujours difficile d’utiliser sa voix pour dénoncer et défendre des idées. Heureusement je trouve toujours des appuis tremplin pour aller au bout de mes idées. C’est par exemple avec une collègue et amie que j’ai monté une émission 100% (Glaire Witch) qui propose du contenu chaque mois sur des initiatives féministes, des invitées au féminin, des coups de gueule aussi et mais aussi et surtout des morceaux girl power et badass à souhait ! C’est d’abord dans notre playlist que je suis allée piocher pour Luik, jusqu’à ce que ma mémoire me fasse défaut. Alors là, plus qu’une seule solution : respirer un grand coup et plonger dans la discothèque de Radio Béton pour se rafraîchir les idées.

Depuis 2014 et que je fréquente le studio, on en a vu passer des artistes féminines, mais il est vrai qu’elles sont toujours moins nombreuses que les hommes, alors il faut bien chercher. D’autant plus dans le rock, le rap ou l’électro. Pas qu’elles n’existent pas, mais qu’il est plus compliqué pour elles d’arriver jusqu’à nous, nos bacs et donc nos auditeur.ices. Et c’est un vrai problème dans la musique, mais dans d’autres domaines aussi (littérature, cinéma, sciences…). Dans les aides d’accompagnement aux artistes, combien sont-elles à pouvoir en bénéficier ; Sur scène, quel pourcentage homme-femme dans les festivals ou les salles de spectacles ? Alors merci aux initiatives qui se montent pour aider les artistes-musiciennes-autrices-compositrices à se développer, à se produire et à être vue / entendues, merci donc à Luik Music pour ces playlists ‘Fille de Choix’.

Enfin, puisque seulement 50% de femmes dans ma playlist c’est encore trop peu pour mettre la balance à niveau, je vais aller un peu plus loin et frôler les 100% ! Go girls ! Soyez fières, soyez fortes et n’ayez peur de rien !

Mélissa Poupart
La playliste par ici

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Fille de Choix #8

camille loiseau: li(b)re.

Pèle-mèle: Le Vecteur, l’A210, les Grenades, de la photographie (coup de coeur Fisheye Magazine #290), du féminisme, du bon goût et dernièrement, la moitié de l’idée originale ‘li(b)re‘, groupe de lectures partagées à voix haute né du confinement. Le futur quoi:

J’ai débarqué à Bruxelles il y a 8 ans, excitée à l’idée de découvrir une scène musicale foisonnante. À l’époque, ma culture s’était construite en ligne et il s’avérait difficile de déceler les organes génitaux cachés derrière un pseudo Soulseek. Femme ou homme, peu importe. (Je crois que c’est le moment où on rappelle que vulve n’est pas nécessairement égal à femme et pénis pas forcément associé à un homme. Voilà, c’est fait, on peut continuer.)

Le choc a eu lieu sur le tard : au Magasin 4, Ateliers Claus, Rumsteek, VK (…) on n’était que très peu de femmes, sur scène comme dans le public. J’ai ensuite travaillé au Vecteur à Charleroi et à l’Atelier 210 à Etterbeek pour réaliser que le bilan n’était guère plus réjouissant côté backstages (et pourtant, quelques années plus tard, les choses changent doucement /clap clap Scivias/).

Alors avec les quelques nanas que je croisais tous les week-ends, souvent entre deux bières et quelques gouttes de sueur, il a fallu se retrousser les manches : Axelle, Elisabeth, Julie, Maureen, Audrey, Lucie, Elise, Fatoo, Clara, Nathalie, Rita,… Et si on commençait à faire du name-dropping de meufs badass, histoire de visibiliser un peu celles qu’on laisse trop souvent dans l’ombre?

La visibilité, c’est sans doute un des vecteurs du changement. D’où l’intérêt de ces playlists (merci à LUIK pour ça!). Trois lignes directrices bercent cette sélection : femmes, eccléctisme et indépendance. La totalité des groupes et artistes choisies sont exclusivement féminines ou ont un lead féminin. Beaucoup sont signées sur des labels indépendants qui prônent les valeurs du do-it-yourself. Le tout dans un éclatement des styles et des “frontières” musicales qui j’espère vous déstabilisera autant qu’ils vous charmera. 3h30 d’écoute qui, grâce à un simple copier-coller, vous fourniront une réponse toute faite à “La musique, c’est un truc de mecs.” Bonne écoute, bon combat ! 

Camille Loiseau
Photo: Maurine Toussaint
TRACKLIST

Turiya & Ramakrishna – Alice Coltrane

Waltz – Fatima 

Philos – Park Jiha 

Tsuba O Te Ni Nokosu – Golin, Buga

Dream Girl – Ivy Sole 

A Mulher do Fim do Mundo – Elza Soares

The Strut – 30/70 

C’est normal – Brigitte Fontaine

Come Meh Way – Sudan Archives

Healer – Sampa the Great, Zaachariaha 

Diddy Bop (feat Cam O’bi & Raury) – Noname

Unemployed – Tierra Whack

1,618 – Charlotte Adigéry

With a Cherry on Top – Sneaks

Songs about you – CHIKA

Once – Nubya Garcia

Honeycomb – Kadhja Bonet

Atoll – Nai Palm 

Carry-Cot – Colleen 

I Hope You Die – Molly Nilsson

Morning Matters – Yazmin Lacey

Natural Woman – Kaiit

Je pleure tout le temps – Veronique Vincent, Aksak Maboul 

Aloha Miami – The Dreams

Le soleil dans le monde – Domenique Dumont

I’m a Dreamer – Josephine Foster

Downers – Greentea Peng

Aidez-moi – AUSGANG

Evanouie – Meryem Aboulouafa

Try – Madison McFerrin

The Mark – Cold Specks

Wake (for Grenfell) – SEED Ensemble

Tonight You Might (feat Lady Wray) – Synthia

Verse – Rhye

You’re on your own – Annelies Monseré 

Sometimes I feel like a Motherless Child – Jeanne Lee, Ran Blake

Trail of the Smiling Sphinx – Matana Roberts 

For the sun – Marissa Nadler, Stephen Brodsky 

Lessons – Kate Tempest 

After laughter (comes tears) – Wendy Rene

Free Again – Arima Ederra

The List – Moonchild

Sango – OSHUN 

A Ghost in the Train, thinking – Eiko Ishibashi 

Heavyweight Champion of the Year – Nilüfer Yanya

Babylon – Delilah Holliday 

101 FM – Little Simz 

Afqid Adh-Dhakia – Nadah El Shazly

GFM – Blu Samu, Daiko 

De mon âme à ton âme – KOMPROMAT, Adèle Haenel 

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Releases Together

Un vinyle, ça ne coûte pas cher.

Demain, nos disques à 15 euro passent à 18. Un vinyle de Luik =

Un groupe qui a travaillé et investi des années pour produire cet album, un studio et une équipe technique, un graphiste, un réalisateur de clip, une usine de pressage, un Damien, un Jean-Baptiste, une Juliette, qui auront coordonné tout ce petit monde des mois durant. Et encore plein d’autres gens, de talent et de passion.

Nous avons toujours pris le parti de vendre nos disques peu cher, parfois carrément à perte, pourvu qu’ils appartiennent aux gens et qu’ils voyagent. Aujourd’hui, après 5 ans de développement du label et des groupes, ces trois petits euro sont devenus plus précieux et importants à mettre en valeur. Merci à vous, nous continuons à mettre plein de petits cadeaux dans vos colis, promis.

TO LE SHOP pour les derniers vinyles à 15 balles.
Artisans du son
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Together

Petit label indépendant en confinement

Disparition du live, ventes physiques qui stagnent, question du livestream… On témoigne dans cette carte blanche de la situation particulièrement délicate qu’on traverse. On vous explique aussi le boulot qu’on fait, parce que finalement, c’est quoi un label?

Retrouvez le texte intégral dans une carte blanche Focus Vif et des morceaux mis en lumière dans un bel article sur Moustique, merci les amis.

Zoom vie: Endless Dive
Zoom vie: Wuman
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Fille de Choix Luikster

Fille de Choix #7

Minous Sanglants, le fanzine tourangeau qui se fait les griffes.

“En essayant d’être le plus transparent, respectueux et sincère possible, Minous Sanglants aborde des questions et des problématiques de société liées aux femmes et aux minorités.”

Quand Luik Music nous a lancé le défi de réaliser une playlist pour “Filles de choix”, on a d’abord été hyper flattées et fières. Chez Minous Sanglants, on a à coeur de lutter contre l’invisibilisation des femmes, et notamment dans le secteur culturel et musical. Il nous a donc semblé évident de proposer une playlist 100% féminine, avec des artistes ou des groupes dont au moins l’un des membres est une femme. Cette playlist est (très) éclectique, composée de morceaux qui nous accompagnent au quotidien. T’y trouveras des classiques, des vieilleries, des titres récents. Peut-être que t’y découvriras même ton nouveau morceau fétiche ? On espère que ces tracks te remplieront d’amour. En tout cas, on y a mis tout notre coeur.

Minous Sanglants
DISCOVER ‘MINOUS SANGLANTS’ FANZINE
Marion Legoff
TRACKLIST

SORRY - CAMILLA SPARKSSS
RADIATE - JEANNE ADDED
TOOK A LONG TIME - CARLA DAL FORNO
LA FIN DES TEMPS - MANSFIELD.TYA
WHERE WE STARTED - DEAR CRIMINALS
LES PÈRES PLEURENT EN ÉCHO - LEONIE PERNET
STRANGE WAYS - C.A.R.
HEARTS IN PAIN - RANDOM RECIPE
CARBON CONTENT - CALLING MARIAN
PAIN - BOY HARSHER
ADIEU AU DANCEFLOOR - MARIE DAVIDSON
SPACE SONG - BEACH HOUSE
CHAMBRE2 - IRÈNE DRÉSEL
INTERN - ANGEL OLSEN
UMUSUNA - FLÈCHE LOVE
SHADOW - CHROMATICS
MARAKA - MAY EAST
DANCING GIRLS - FARAH
CRUEL SUMMER - BANANARAMA
HEARTLESS - EVELYN THOMAS
GONNA GET OVER YOU - FRANCE JOLI
HOW ABOUT IT - MDMC
SOLA - LA CHICA
MANTISSA - MARINA SATTI
TIGER SONG - EMILIE ZOÉ
HOLY BIRDS - ROPOPOROSE
SUPERNATURAL POWERS - PETER KERNEL
ALWAYS FOREVER - CULTS
BELLALUCY - MELISSA KASSAB
GOCA DÜNYA - ALTIN GÜN
ICELAND - LUCIE ANTUNES
MY TRUTH - COCTEAU TWINS
FALLING - JULEE CRUISE
WHISKEY SOUR - MOLLY NILSSON
MELTED - GEYSIR
SHE WILL - SAVAGES
SERENITY - DRAHLA
SYNAPSE - LINEA ASPERA
GALLOWDANCE - LEBANON HANOVER
RETOX - ESSAIE PAS
NOV POWER - NOVA MATERIA
SANKI HIÇ DURMADI - KIM KI O
THE FIGHT - SILLY BOY BLUE
JONATHAN - CHRISTINE AND THE QUEENS (feat. Perfume Genius)
SYMBOL - ADRIANNE LENKER
HORIZON - ALDOUS HARDING
HUNTER - BECCA MANCARI
S.I.T.C. - COALS
FELLOW - LAETITIA SHERIFF
WE MIGHT BE DEAD BY TOMORROW - SOKO
LET'S MAKE LOVE AND LISTEN TO DEATH FROM ABOVE - CSS
MOODY - ESG
DECEPTACON - LE TRIGRE
UPTIGHT DOWNTOWN - LA ROUX
THE BEST THING - CHARLOTTE ADIGÉRY
BREATHE YOU IN MY DREAMS - TRIXIE WHITLEY
DEMONS - GRANDE
GREASY GRASS - SHE KEEPS BEES
ROMANCE - EX:RE
YOU COULD BE MORE AS YOU ARE - SAÂDA BONAIRE
L.A. NIGHT - YASUKO AGAWA
ON RETINAE - DIP IN THE POOL
LUAR - PRISCILLA ERMEL
VOICES FROM THE SKY - MAUD GEFFRAY
THE HOST OF SERAPHIM - DEAD CAN DANCE
A LOT'S GONNA CHANGE - WEYES BLOOD